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Procès du pasteur

Guillot forçait un jeune à écrire des textes sur ses «infractions» aux règles

Kathleen Frenette | Journal de Québec

archives, Journal de Québec

Félix (prénom fictif) était à l’aube de l’âge adulte lorsqu’il dit s’être fait imposer par le pasteur Claude Guillot des compositions à répétition qui se sont échelonnées sur des mois.

La particularité dans son cas, c’est qu’il n’était pas pensionnaire de «l’école Guillot» qui prenait place dans le sous-sol d’une maison du quartier Chauveau à Québec.

Après avoir commis «huit infractions» aux règles de vie enseignées par Guillot, le jeune homme a été renvoyé chez sa mère où, enfermé dans sa chambre, il a dû commencer à composer.

«Je devais faire cinq pages sur chacune des infractions pour un total de quarante pages. Il fallait que j’écrive une page à l’heure avec une écriture robotisée. Incapable de le faire dans le temps requis, deux pages supplémentaires s’ajoutaient pour chaque page non réussi», a raconté l’homme aujourd’hui âgé de 32 ans.

Le jour où il a été capable d’entrer dans les temps, d’autres «infractions» se sont ajoutées, tant et si bien que le jeune homme a composé, sur deux périodes, totalisant près de douze mois.

«Entre chaque page, je devais faire quinze push-up et trois minutes de squats puis recommencer. Je pouvais aller à la salle de bain ou manger rapidement mais je devais tout minuter. Ça débutait à 7h le matin pour se terminer à 22h», a-t-il ajouté.

Dans ses compositions, le jeune homme devait avouer ses fautes, s’excuser et expliquer pourquoi il avait agi de la sorte et comment ne pas recommencer puis, les sujets de «composition» se sont élargis sur tous les péchés qu’il avait fait dans sa vie et sur ses pensées sexuels. Un exercice qui a failli «le rendre fou».

Un jour, il a confronté sa mère qui, comme un bourreau, surveillait la punition imposée.

«Je lui ai demandé pour que ça arrête mais elle m’a dit que ce n’est pas elle qui décidait. Je l’ai entendu prier Dieu pour qu’il lui donne la force de faire comme Abraham qui avait sacrifier son fils. Je ne la reconnaissais même plus», a-t-il dit en ajoutant qu’il n’avait plus de contact avec elle depuis 2007.

Cette année-là, il a confronté le pasteur qui l’a jeté à la rue comme un paria.

«Je lui ai dit qu’il était un faux docteur et que ses enseignements n’étaient pas droits. Alors il m’a dit de prendre mes affaires et de quitter. Je n’avais pas un sou devant moi... C’était l’automne... et je suis parti dans le néant».

 

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