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Procès de Tony Accurso

Le cœur de la preuve de la poursuite repose sur des «criminels»

Mathieu Belhumeur | TVA Nouvelles

«Huit criminels sont venus témoigner», a lancé l’avocat de Tony Accurso aux membres du jury. Me Marc Labelle faisait ici référence aux huit témoins de la poursuite qui ont admis avoir pris part au système de collusion en place à Laval sous Gilles Vaillancourt. «Qu'est-ce qu'il y a de pire qu'un témoin pas fiable? Huit témoins pas fiables!».

«Vous avez une preuve floue, la preuve de la poursuite est pleine de trous» a-t-il plaidé au jury.

Il soutient que son client n’était pas au courant de la collusion: «Le système était-il si évident que ça? Posez-vous la question! Le président de la compagnie n’a pas grand-chose à voir avec les opérations, il n’avait les mains dans la gestion quotidienne», a insisté le procureur de la défense.

Dans son ultime chance de convaincre le jury d’acquitter son client, l’avocat de l’ex-entrepreneur en construction de 66 ans a servi cette mise en garde aux jurés: «Ce n’est pas ici le tribunal de l’opinion public, vous êtes les derniers remparts entre un citoyen et l’État».

Me Marc Labelle est revenu sur le témoignage du collecteur de la ristourne de 2%, Marc Gendron. Ce dernier a affirmé avoir donné 200 000$ dans une enveloppe à Tony Accurso dans un stationnement en 2002. «C’est plausible?», s’est demandé Me Labelle. «Vous savez si c’est 200 000$ qu’il y avait dans l’enveloppe? Il (Marc Gendron) n’a pas ouvert l’enveloppe!»

Dans son témoignage, Tony Accurso a formellement nié cette transaction.

L’avocat de la défense s’est aussi attaqué au témoin Mario Desrochers, qui avait relaté une rencontre au sommet pour parler de collusion entre des présidents d’entreprise, dont Tony Accurso.

Il a rappelé au jury que le témoin n'a jamais raconté cet événement lors du au premier procès l’automne dernier.

«Qui protège-t-il», s’est interrogé Me Labelle, rappelant les «antécédents de malhonnêteté» de M. Desrochers

Tony Accurso fait face à cinq chefs d'accusation, dont complot,  fraude et corruption dans les affaires municipales.

L’avocat de la poursuite doit plaider vendredi.

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