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Règlement animalier

Le «King des calèches» s’insurge contre Valérie Plante

Francis Pilon et Sarah Daoust-Braun | Agence QMI

La Ville de Montréal interdira les calèches d’ici 2020, ce qui soulève la grogne des cochers qui perdront leur gagne-pain.

L’administration de Valérie Plante a présenté jeudi un projet de règlement pour que les calèches disparaissent du paysage urbain dès le 31 décembre 2019. En tout, 24 permis d’exploitant de calèches ont été remis à Montréal pour les années 2018 et 2019.

«Le règlement interdisant les calèches découle de nombreuses plaintes reçues de la part de citoyens et citoyennes et sur le constat que, malgré un resserrement de l'encadrement de la réglementation sur les calèches, les plaintes n'ont pas cessé», a affirmé Craig Sauvé, responsable des dossiers animaliers au sein de l’administration.

«Il pourrait y avoir une contestation, mais la dernière fois, le juge a donné un jugement qui disait qu’on n’avait pas donné assez de temps, a-t-il ajouté. Là ce qu’on propose, c’est une interdiction des calèches bien après la période de 18 mois. C’est assez de temps pour les caléchiers de faire la transition.»

En 2016, le maire Denis Coderre a été forcé de retirer son moratoire interdisant les calèches à Montréal après qu'un juge ait décrété qu'il n'avait pas le droit de suspendre tous les permis des cochers.

«Too Much»

Selon Luc Desparois, propriétaire de l’écurie Lucky Luc, l’administration de Valérie Plante va trop loin. «C’est ridicule et c’est vraiment ''too much'' comme mesure. La mairesse Plante aura beau dire ce qu’elle voudra, excuse-moi, je ne la laisserai pas faire. On va faire tout ce que la loi nous permet de faire pour protéger l’entreprise», a dit M. Desparois.

«Elle ne s’en rend pas compte peut-être, mais c’est ma vie ce travail, a-t-il ajouté. J’ai un petit bébé de 3 mois à faire vivre et j’ai un autre enfant de 20 ans qui veut prendre ma relève. On a des vies nous aussi et c’est plus de 40 personnes de mon entreprise qu’elle met à la rue en faisant ça.»

Aucune consultation

Luc Desparois, qui travaille dans l’industrie des calèches depuis 33 ans et qui possède le monopole des cochers dans le Vieux-Montréal, souligne être déçu de ne pas avoir été rencontré par les élus de la ville de Montréal.

«La mairesse a beau être la mairesse, mais elle devrait prendre en considération l’opinion des citoyens. Avant de dire des choses trop vite comme ça, Plante devrait venir nous voir et faire un petit tour ici. Personne ne nous a rencontrés. Rien. C’est toujours dans les médias qu’on apprend les mauvais coups de la Ville.»

L’écurie Lucky Luc est dans la mire de la SPCA depuis plusieurs années en raison de plaintes sur l’état de santé de certains de ses chevaux et de l’insalubrité de son écurie.

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