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Chantier paralysé

Aucun grutier à l’œuvre sur le chantier du nouveau Pont Champlain

TVA Nouvelles

Aucun grutier ne travaillait jeudi sur le chantier du nouveau Pont Champlain, la Commission de la construction du Québec évoquant une grève illégale, les grutiers blâmant pour leur part la météo pluvieuse.

Les grutiers auraient reçu un mot d'ordre syndical de rentrer à la maison, ce qui a eu pour effet de paralyser une partie du chantier.

Pour la CCQ, le départ des opérateurs de grue tôt jeudi représente un débrayage.

«Nous considérons que ce mouvement est une grève illégale, a déclaré en entrevue avec TVA Nouvelles une porte-parole de la CCQ, Mélanie Malenfant. Nos équipes d’enquête se déploient sur le chantier pour constater la situation, collecter des preuves et recommander les poursuites qui s’imposent auprès du Directeur des poursuites criminelles et pénales.»

Des accusations pourraient donc être déposées contre ceux qui auraient organisé ou encouragé ce débrayage. Les travailleurs et les organisations syndicales impliqués s’exposent à des amendes qui pourraient atteindre 80 000 $ par jour.

Le porte-parole des grutiers a pour sa part indiqué que c’est le mauvais temps qui a entraîné le départ des employés du chantier.

«C’est le consortium Signature Saint-Laurent (SSL) (dirigé par SNC-Lavalin) qui a décrété l’arrêt des opérations en raison des intempéries sans respecter la convention collective, laquelle prévoit que les grutiers doivent être payés un minimum de 5h lorsque les opérations sont arrêtées en raison des intempéries. Les inspecteurs de la CCQ sont restés muets devant cette violation  flagrante de la convention collective par SNC-Lavalin», a déclaré l’Union des opérateurs grutiers, Local 791G, par voie de communiqué.

Rappelons que les échéanciers du nouveau pont Champlain sont très serrés et que le fédéral a injecté 235 millions $ pour que les travaux soient terminés à la date prévue, en décembre 2018.

Changements à la formation

Dans les dernières semaines, les grutiers se sont plaints de changements à la formation pour accéder à la profession. Depuis le 14 mai, ces nouvelles règles permettent notamment aux travailleurs qui ne sont pas des grutiers de manœuvrer des petits camions-flèches (boom trucks).

Les modifications élargissent aussi le recours à des travailleurs qui n’ont pas obtenu de diplôme d’études professionnelles de grutier.

Selon les syndicats, les nouvelles mesures en vigueur risquent d’accroitre le nombre d’accidents

Le 2 juin dernier, les grutiers ont manifesté au centre-ville de Montréal.

«J'espère que le premier ministre, la CSST vont entendre une majorité de grutiers [...] qui viennent leur démontrer que le projet de formation en entreprise n’est pas bon et ne respecte pas les règles de santé et de sécurité», a déclaré Evans Dupuis, du syndicat des grutiers.

La CCQ affirme pour sa part que la décision a été prise pour combler une éventuelle pénurie de main-d’œuvre.

- En collaboration avec Hugo Joncas