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Programme «Partir du bon pied!»

Manque criant de ressources dans les maternelles

Daphnée Dion-Viens | Journal de Québec

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Svetlana - stock.adobe.com

Malgré l’ajout de millions de dollars supplémentaires pour offrir de l’aide aux élèves de maternelle, une majorité d’enseignants juge que les services pour les tout-petits restent nettement insuffisants dans les écoles du Québec.

C’est du moins le constat tiré d’un sondage de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), réalisé auprès de 700 enseignants du préscolaire.

Parmi eux, près de 70% ont fait une demande de services pour au moins un élève de leur groupe pendant l’année scolaire. Dans certains cas, jusqu’à 16 élèves sur un maximum de 19 par groupe ont été identifiés comme ayant besoin de services supplémentaires, les plus fréquents étant en orthophonie, en éducation spécialisée et en psychologie.

Sondage

Or, près de 30% des enseignants se sont fait refuser leur demande de services par leur direction d’école. Et même lorsque la réponse est positive, l’aide n’est pas nécessairement suffisante ou appropriée, puisque 68 % des enseignants l’ont jugée insatisfaisante.

«Il y a des besoins qui ont été comblés partiellement, mais il y a aussi beaucoup de besoins très spécifiques qui n’ont pas été comblés, comme les services en orthophonie et en ergothérapie. Selon les commentaires des enseignants, les services n’étaient pas au rendez-vous», affirme Sylvie Théberge, vice-présidente de la FSE.

À la lumière de ce coup de sonde, la fédération syndicale conclut que la mesure gouvernementale intitulée «Partir du bon pied !» n’a pas eu les résultats escomptés au préscolaire.

Pour l’année 2017-2018, cette allocation prévoyait l’embauche d’une «ressource technique» par école – principalement des techniciens en éducation spécialisée – à raison d’une journée par semaine, une mesure dont le coût peut être estimé à 20 millions $ environ.

«Tant mieux si des mesures s’ajoutent, le dépistage et l’intervention précoces sont essentiels, ajoute Mme Théberge. Mais ce qu’on constate, c’est que quand ça atterrit sur le terrain, ce n’est toujours pas suffisant ou adapté pour les besoins des élèves, qui sont criants.»