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École Pointe-Lévy

Un prof qu’ils ne sont pas près d’oublier

Élisa Cloutier | Le Journal de Québec

L’enseignant Claude Miville a l’école tatouée sur le cœur. Il admet qu’il sera difficile pour lui de quitter sa classe pour la dernière fois, le 28 juin prochain.

Agence QMI

L’enseignant Claude Miville a l’école tatouée sur le cœur. Il admet qu’il sera difficile pour lui de quitter sa classe pour la dernière fois, le 28 juin prochain.

Après avoir enseigné et marqué quelque 20 000 élèves par sa fougue et son originalité au cours des quatre dernières décennies, le professeur Claude Miville laissera un «grand vide» à l’école Pointe-Lévy, à Lévis, en partant à la retraite, assurent plusieurs de ses élèves.

C’est avec beaucoup d’émotions que l’enseignant d’histoire, de cinéma et d’économie de 62 ans démontait cette semaine sa «classe-musée», un concept qu’il a lui-même créé au début des années 2000 et qui rendait ses cours uniques. On y retrouvait notamment des pièces d’antiquité, des reproductions de personnages marquants du 20e siècle et des œuvres d’élèves. «Je voulais faire participer les élèves. Ainsi, ils développent plus d’intérêt lorsque c’est fait de façon artistique», précise l’enseignant énergique et doté d’un impressionnant talent d’orateur.

Un spectacle

Selon plusieurs élèves, assister à un cours de M. Miville, c’était «presque comme venir à un spectacle». Ce dernier ne reculait d’ailleurs devant rien pour inculquer sa passion de l’histoire à ses élèves, allant même jusqu’à monter sur les bureaux et courir en classe. «C’est la première fois que je vois un professeur aussi dévoué», affirme Daphnée Caron, en cinquième secondaire. «Il pointe des choses dans la classe pour illustrer ses propos et nous raconte souvent des anecdotes», poursuit Sarah Castonguay qui, comme d’autres, se souviendra de M. Miville «toute sa vie».

Son dévouement pour ses élèves lui a même valu une place au sein des meilleurs profs du Québec dans le palmarès du «Journal du Québec», en 2009. Ce qui le console, c’est que la mise en vente de plusieurs objets de sa classe-musée lui a permis d’amasser plus de 12 000 $ jusqu’à maintenant. L’argent sera versé à la Fondation Espoir des jeunes du Nahouri, visant à scolariser les jeunes au Burkina Faso.

Après avoir construit une école l’an dernier dans la ville de Pô, la Fondation y aménagera des jardins communautaires et un puits d’eau potable. M. Miville ira d’ailleurs lui-même inaugurer ces jardins en janvier prochain, accompagné de bénévoles et de quelques-uns de ses anciens élèves, aujourd’hui impliqués dans la Fondation.