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Stingray

Grand retour des vidéoclips à la télé

Yan Lauzon | Agence QMI

JOEL LEMAY/AGENCE QMI

Délaissés depuis le changement de vocation de MusiquePlus et de MusiMax, les clips musicaux retournent à la télé grâce à l’arrivée de PalmarèsADISQ par Stingray, une toute nouvelle chaîne qui leur est entièrement consacrée.

Déjà ajoutée à l’offre de Vidéotron (canal #559), la chaîne offrira, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, des productions en français majoritairement liées à des artistes québécois et canadiens. Les autres distributeurs emboîteront bientôt le pas, ont annoncé l’ADISQ et Stringray musique lors d’une conférence de presse tenue vendredi.

Les artistes de la province qui chantent en anglais ne seront pas laissés de côté pour autant, assure-t-on également.

Au total, ce sont six millions de foyers canadiens qui auront accès à cet espace de diffusion. L’objectif de Stingray est de rejoindre éventuellement 10 millions de foyers.

Aide à la création

En plus de l’arrivée de cette plateforme, un fonds de financement pour aider les artistes à concevoir davantage de clips et leur permettre de se tailler une place mondialement voit le jour.

«La moitié des profits générés par cette chaîne vont être donnés au fonds pour la création de vidéoclips. Notre objectif est d'un million de dollars par année», a détaillé Eric Boyko, président, cofondateur et chef de la direction de Stingray.

La confection de clips musicaux au Québec est évaluée entre 5000 $ et 15 000 $ par des créateurs présents lors de l’annonce faite vendredi, un montant très inférieur aux sommes dépensées par les vedettes américaines.

Découverte et nostalgie

Les nombreuses heures de diffusion au petit écran se traduiront par la chance de découvrir plusieurs créateurs québécois. Un retour à l’antenne salutaire et primordial, croit Solange Drouin, vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l’ADISQ.

«Le vidéoclip a encore sa place à la télévision, a-t-elle laissé savoir. Non seulement il a sa place, il est essentiel qu’il s’y retrouve. À l’heure où les Québécois ont accès à une somme inédite et littéralement infinie de musiques, il est plus important que jamais de tout mettre en œuvre pour favoriser la visibilité et la découverte des contenus d’ici.»

L’aspect nostalgie n’est pas non plus à négliger, car un bloc spécial Week-ends «flashback» permettra de revivre les années 1980 et 1990 où Les B.B., Jean Leloup, Mitsou et Julie Masse étaient au sommet de leur popularité.

Des artistes enthousiastes

L’arrivée de la chaîne PalmarèsADISQ par Stingray et l’annonce d’une nouvelle source de financement pour la création des artistes d’ici en réjouissent plusieurs.

Loud: «C’est énorme. Le plus de rayonnement qu’on peut aller chercher, le mieux c’est. YouTube, ç’a été un tremplin, mais c’est le "fun" de savoir qu’on peut accrocher d’autres médias... Au même titre que de jouer à la radio, c’est un "statement", surtout dans notre milieu, le rap québécois.»

Robby Johnson: «C’est incroyable. Le vidéoclip, c’est la base de tout. C’est comme ça que ma carrière a commencé, avec "South of Me" qui est devenu viral. C’est super intéressant qu’ils veuillent aider les artistes québécois à rayonner à l’international avec de beaux vidéoclips. On peut en mettre plein la vue, mais ce qui est important c’est l’émotion et au Québec, on a réussi à prouver que l’émotion passe super bien sans avoir des budgets de fou.»

Catherine Durand: «Toutes les nouvelles fenêtres sont bienvenues. Nos vidéoclips, on les fait pour qu’ils soient vus; de savoir qu’ils vont passer et de savoir que le marché va être ouvert dans d’autres pays, c’est une super belle nouvelle. Le nerf de la guerre pour faire des vidéoclips, c’est les sous. Les budgets étaient de plus en plus difficiles à avoir et l’annonce d’une partie des profits qui vont être remis pour aider les productions de clips, c’est vraiment une super belle nouvelle.»

David Bussières (Alfa Rococo): «Y’a un intérêt pour les gens de visionner des clips à la télé et ça va pouvoir être accessible à nouveau. C’est une bonne nouvelle, comme une partie des revenus qui seront reversés [à la production de clips]. Ça coûte très cher de faire un vidéoclip. La musique, c’est un médium très léger et techniquement, c’est de plus en plus facile d’en faire. Ça coûte moins cher. Tandis que pour l’audiovisuel [...], c’est rare qu’on puisse s’en tirer en bas de 15 000 $ parce que ce sont de grosses équipes.»

Alexandre Désilets: «C’est incroyable. Quand je pense à la source de financement, c’est cool parce qu’il n’y en a pas beaucoup de financement pour des vidéoclips sauf si tu penses à ta mise en marché quand tu produis ton album. Mais c’est toujours un risque parce que tu peux piger entre 5000 $ et 10 000 $ pour quelque chose qui ne sera potentiellement pas diffusé à la télé. Ça se perd dans un océan du web. C’est génial de savoir qu’il va y avoir une plateforme francophone québécoise qui va montrer le talent d’ici.»