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Cosmétiques, alcool... et sandales

Neuf produits étonnants tirés du fleuve St-Laurent

Stéphanie Gendron | Journal de Québec

Des entreprises et des chercheurs travaillent tous les jours à découvrir comment les organismes vivant dans le fleuve St-Laurent ou dans l’océan peuvent être utilisés dans nos produits de tous les jours, que ce soit des cosmétiques, de l’alcool ou... des sandales.

La biotechnologie marine est particulièrement en effervescence dans l’Est-du-Québec, les ressources étant disponibles, entre autres, en Gaspésie et la recherche et les entreprises, de plus en plus présentes dans le Bas-Saint-Laurent.

Chaque jour, on étudie les possibilités quasi infinies de ce qui vient de la mer.

Que ce soit des étoiles de mer pour faire un antirides ou des algues pour faire des sandales, leurs applications sont surprenantes.

«Ça se démarque, le niveau de recherche et développement dans ce secteur-là, parce qu’il y a tellement de nouvelles molécules. On peut, d’une journée à l’autre, continuer de découvrir», indique Noémie Giguère, directrice de l’OBNL Technopole maritime du Québec à Rimouski.

L’organisation compte une soixantaine de membres et a comme mission d’accélérer le développement du secteur des sciences, technologies et biotechnologies marines de la province.

On estime qu’il y a environ 27 entreprises en biotechnologie marine, en majorité dans l’Est-du-Québec, et une quinzaine de centres de recherche en province, touchant de près ou de le loin le secteur. En tout, 700 emplois en dépendent.

Un antistress

L’entreprise OrganicOcean de Trois-Pistoles utilise la grande capacité d’adaptation au stress des algues marines appelées varech pour la transférer aux fruits, légumes ou céréales qui poussent à travers le monde.

Le varech est soumis au cycle de la marée et passe la moitié de son temps en immersion à marée haute et l’autre moitié à l’air libre, à marée basse. Pour survivre dans ces conditions très difficiles, l’algue a développé des mécanismes d’adaptation aux variations extrêmes de température. Ces propriétés exceptionnelles sont transférées aux plantes terrestres par un produit antistress, un biostimulant qui est un complément aux engrais traditionnels.

Du collagène avec de la peau de poissons

Le Centre de recherche sur les biotechnologies marines à Rimouski extrait du collagène à partir de la peau des poissons. Cet ingrédient entre dans la composition des produits cosmétiques en tant qu’agent lisseur et hydratant. Actuellement, sur le marché, le collagène d’origine marine provient de la peau de poissons vivant dans les eaux chaudes. L’industrie de la pêche dans la région du Québec maritime génère plusieurs tonnes de peaux de poissons, pêchés dans les eaux froides du golfe du St-Laurent. Le centre étudie le potentiel de cette biomasse marine comme source de collagène sous sa forme native, mais aussi sous d’autres formes.

Un contrôleur de glycémie

InSea2® est un ingrédient qui provient d’algues du Saint-Laurent. Il peut être transformé sous forme de comprimés, de boissons en poudre ou de chocolat. Consommé avant un repas chargé en sucres, il permet de maintenir un bon taux de glycémie. Il agit sur les enzymes digestives qui transforment les glucides alimentaires en glucose.

Un traceur

Iso-BioKem, une entreprise basée à Rimouski, fait pousser des microalgues qu’elle enrichit en isotope stable, afin d’en extraire des molécules. Cet enrichissement est utilisé par les scientifiques comme un traceur biochimique permettant de suivre l’évolution d’une molécule dans l’environnement. C’est ainsi qu’ils peuvent, par exemple, suivre le niveau d’absorption d’un cosmétique par la peau, la dispersion d’un vaccin dans le corps ou encore l’impact d’un contaminant dans l’environnement.

Un antirides à partir des étoiles de mer

InnoVactiv a trouvé le moyen d’utiliser la capacité de l’étoile de mer à régénérer ses membres en cas de blessure, pour fabriquer un antirides. L’entreprise bas-laurentienne extrait un fluide de l’étoile de mer de l’Île-du-Prince-Édouard, sans l’endommager, pour créer JuventideTM, un produit qui peut être introduit notamment dans les crèmes antirides. Après la récolte du fluide, l’étoile de mer est réintroduite dans son environnement d’origine où elle peut continuer à prospérer.

Des sandales

Pro-Algue Marine de Saint-Simon près de Rimouski récolte des algues sur le bord du fleuve entre Sainte-Anne-de-La-Pocatière et Sainte-Anne-des-Monts. Dans son usine, elle les transforme en granules, farine ou liquide. Les granules sont vendus à des clients chinois, qui en font des sandales et du bioplastique. Carmen Vaillancourt et Jean-Pierre Gagnon peuvent cueillir ou ramasser jusqu’à 35 000 tonnes humides d’algues par année.

Du cannabis

Les algues du fleuve St-Laurent ont vraiment des vertus insoupçonnées. Les propriétaires de Pro-Algue Marine de Saint-Simon fourniront aux producteurs de cannabis des engrais sous forme de farine ou de liquide issus des algues. Avant leur transformation, les algues sont séchées grâce au soleil et au vent.

Des huiles de poisson

Des chercheurs basés à Rimouski ont développé un procédé unique qui imite le processus naturel de la digestion et qui peut être appliqué sur des huiles de poissons riches en oméga-3, particulièrement d’anchois et de sardines. En appliquant cette technologie, l’entreprise Neptune Solutions Bien-Être développe et commercialise des produits brevetés qui sont intéressants, entre autres, pour les personnes qui ont de la difficulté à digérer et à absorber les gras essentiels provenant de leur nourriture, à cause d’une maladie, de la prise d’un médicament ou tout simplement de l’âge.

Du gin aux algues

La Distillerie du St-Laurent a créé un gin parfumé aux algues du fleuve St-Laurent. Il s’agit d’un gin complexe artisanal entièrement naturel, fait à partir d’aromates provenant des quatre coins du globe et d’algues du St-Laurent. Les aromates exotiques sont infusés à la vapeur dans un panier unique de type «scaphandrier», puis le gin est lentement macéré avec des algues laminaires récoltées à la main dans le Bas-Saint-Laurent.

 

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