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Pertes en vue

Les agriculteurs stressés par la canicule

Marie-Ève Dumont | Le Journal de Montréal

Il n’y a pas que les agriculteurs qui souffrent de la canicule. Les petits fruits et légumes en subissent aussi les contrecoups au point où il pourrait y avoir des pertes.

Malgré qu’une hausse du mercure est généralement bénéfique pour les cultures, car la plupart des fruits et légumes aiment le soleil, une chaleur trop intense comme celle vécue ces jours-ci peut amener certains problèmes.

Par exemple, les fraises mûrissent trop vite et n’ont pas le temps de grossir suffisamment. Les fruits dans les paniers sont donc plus petits.

«Nos cueilleurs ne sont pas capables de fournir à la production, explique David Lemire, président de l’Association des fraises et des framboises du Québec. Il y a certains champs qui sont abandonnés. On doit laisser tomber nos champs de [variétés de fraises plus hâtives], qu’on aurait pu encore cueillir en temps normal, pour se concentrer sur les nouveaux.»

Cette situation risque d’amener 10% à 12% de pertes chez les producteurs de fraises du sud de la province, selon M. Lemire.

Plus de maladies

Des producteurs de légumes ou de bleuets craignent que la chaleur et l’humidité, qui devraient durer encore quelques jours, facilitent l’arrivée de maladies.

«Les champignons se développent plus sur les légumes dans ces conditions», précise Charles Beaulieu de Légumes R&M inc. à Sherrington en Montérégie, qui ajoute que la mauvaise herbe pousse elle aussi mieux, ce qui augmente le temps alloué au désherbage.

Les journées de travail des employés sont également plus courtes et les pauses plus nombreuses avec le mercure qui monte depuis vendredi.

«On commence à travailler plus tôt. À 6 h, on est dans les champs. On finit plus tôt aussi dans l’après-midi», raconte Gaétan Beaulieu, producteur de bleuets, de courges et de framboises dans Lanaudière.

Les animaux sont aussi touchés par la canicule actuelle. Les vaches produisent d’ailleurs moins de lait, dénote Alexandre Thibault, producteur dans le Centre-du-Québec.

Bruine pour les vaches

«La vache est à son mieux aux environs de 12 degrés. Quand il fait très chaud, elle mange moins et elle travaille pour se refroidir alors elle fait moins de lait [parce que ça nécessite de son énergie]», indique-t-il.

C’est pourquoi certains producteurs comme M. Thibault optent pour des systèmes qui diffusent de la petite bruine à intervalles réguliers afin de rendre la température plus confortable dans l’étable.

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