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Preissac

Un maire cancéreux veut guérir sans pilules

Amélie St-Yves - Journal de Montréal

Courtoisie

Un maire d’Abitibi a refusé la chimiothérapie en décembre alors que les médecins lui ont annoncé que son cancer était incurable. Il s’est tourné vers des méthodes naturelles et il saura d’ici un mois s’il est en train de gagner son combat.

Le maire de Preissac, en Abitibi, a vécu des montagnes russes d’émotions à la fin de 2017. Stephan Lavoie a remporté ses élections le 3 novembre. L’homme de 47 ans a ensuite appris que son cancer du poumon était de retour, puis que sa conjointe était enceinte.

À la mi-décembre, un médecin de Gatineau lui a annoncé qu’il lui restait deux ans à vivre en suivant de la chimio et de la radiothérapie. Un an au maximum s’il ne suivait pas de traitements.

« Quand j’ai su que j’étais pour mourir, je faisais juste me dire que cet enfant-là n’aurait pas de père », raconte-il.

Il n’avait pas envie de vivre ses derniers mois malade tout le temps à cause de la chimiothérapie, pour ne gagner que quelques mois tout au plus. Il a donc refusé les traitements pour se tourner vers des approches naturelles.

«Si la recette fonctionne et que je peux juste battre le pronostic d’un an, ce serait déjà une victoire. Je veux voir ma fille grandir », dit-il.

Approche bio

Les seules viandes qu’il consomme sont du poulet bio, du saumon et de l’orignal qu’il a lui-même chassé. Il s’est tourné vers les légumes, le cannabidiol et l’huile de THC, en plus du chaga, un champignon qui pousse sur les bouleaux et qui aurait des vertus contre le cancer. Il s’est aussi procuré un tapis à champ magnétique pulsé sur lequel il s’allonge trois fois par jour. Il a perdu 100 livres depuis 2015.

« J’ai décidé que je n’en voulais plus de pilules. Je vais mourir sans pilules », dit-il.

À travers tout cela, il a mis son testament à jour, a donné certains de ses biens, et a choisi son urne. Ce sera un pot à biscuits qui appartenaient à ses grands-parents. Il s’agit pour lui d’une pièce de l’histoire de sa famille. Il a enregistré des vidéos pour sa petite à naître, mais aussi pour sa fille qui aura 18 ans dans quelques jours et pour ses proches.

« Je sors dehors et je vois les arbres, la nature, le vent. Je n’ai jamais pris autant de temps à apprécier la vie », dit-il.

Espoir

Des scans thoraciques et abdominaux-pelviens subis le 23 janvier, puis le 25 mai, ont tout pour lui faire espérer le meilleur. La plus grosse des deux masses, située au diaphragme, a diminué de moitié. L’autre est stable.

Le 5 juillet, il passera un scan nucléaire à Gatineau pour avoir plus d’explications sur ce qui se passe. Ensuite, il faudra compter de 2 à 4 semaines pour avoir les résultats. Stephan Lavoie croit dans son cœur qu’il peut battre la maladie, mais il a peur. Il ne veut pas apprendre que les métastases sont seulement rendues ailleurs.

Le ministère de la Santé et des Services Sociaux n'encourage pas les malades à suivre l'approche de M Lavoie. Il met en garde la population contre certains traitements alternatifs qui n'ont pas fait leurs preuves et invite les citoyens à discuter avec leur médecin traitant.