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Microbrasserie À l’abri de la tempête

Mise en marché d'une bière vieillie en mer

Stéphanie Gendron | Agence QMI

Gracieuseté, Luc Miousse

Une microbrasserie s’est associée à un caméraman sous-marin pour créer une bière qui a vieilli à l’intérieur de barils plongés dans la mer cet hiver.

En février dernier, l’équipe a creusé un trou dans la glace au village de Grande-Entrée aux Îles-de-la-Madeleine, non loin de la rive. Le plongeur Mario Cyr a passé cinq heures sous l’eau pour y déposer une douzaine de barils de 30 litres de bière.

«Nous avons attaché les barils sur des palettes de bois et ça n’a pas bougé», a dit M. Cyr, ajoutant que la bière était «extraordinaire».

Pour un bistro

Il a pu déposer les barils dans la mer grâce à la collaboration d’amis pêcheurs de moules. Ils ont des permis qui leur donnent le droit de déposer des objets sous l’eau pour des zones déterminées.

Cette idée créative a commencé par une demande de M. Cyr, également propriétaire d’un restaurant aux Îles-de-la-Madeleine, qui voulait une bière pour son Bistro Alpha. La microbrasserie À l’abri de la tempête a d’abord dit non, ne faisant pas de bières privées. Puis, une discussion portant sur les activités sous-marines de M. Cyr a allumé le processus de création.

«Notre discussion portait surtout sur la plongée sous glace. On a dit: “admettons que l’on dirait une grosse niaiserie, est-ce qu’on pourrait faire une bière et la faire vieillir en mer ?”Il a dit bien oui !», raconte en riant la maître-brasseuse Élise Cornellier.

Palabre d’un homme à la mer

Résultat, une bière à 8 % d’alcool, nommée Palabre d’un homme à la mer, dont les 3000 bouteilles peuvent seulement être dégustées aux Îles-de-la-Madeleine.

«On se demandait ce que ça allait faire comme effet. Une bière quand ça vieillit, les saveurs évoluent et vient aussi une forme d’oxydation. Les saveurs fines disparaissent doucement pour laisser place à des saveurs plus rondes. Mais en même temps, il y a toujours une note d’oxydation qui se pointe. En le faisant sous l’eau, il n’y a pas d’oxydation, c’est là que l’on croit que l’on fait un gain», ajoute Mme Cornellier.

Cet hiver, la température de l’eau oscillait entre 0 et 1 degré Celsius, ce qui n’a pas fait geler la bière. Les barils ont été sortis en juin, alors que l’eau était à environ 5 degrés Celsius.

Pour pousser l’expérience, une partie de la bière a vieilli dans des fûts de chêne, sur terre. D’autres barils ont été plongés dans la mer pour une période d’un an.

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