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Augmentation du prix de l'essence de 38%

Vive tension en Haïti suite à la hausse importante des tarifs des carburants

Agence France-Presse

Une vive tension régnait vendredi après-midi à Port-au-Prince suite à l'annonce d'une hausse importante des tarifs des carburants, une mesure respectant l'accord signé avec le Fonds monétaire international (FMI) en février.

Les principales artères de la capitale haïtienne ont été bloquées par des piles de pneus enflammés et des tirs sporadiques ont résonné dans plusieurs quartiers de la ville. Les personnes alimentant les barricades ont exprimé leur colère, dans les rues, face à la hausse drastique annoncée un peu plus tôt par le gouvernement.

Déjà compliquée par les nombreuses rues obstruées, la circulation routière s'est trouvée aussi fortement perturbée par les automobilistes cherchant à remplir une dernière fois leur réservoir aux anciens tarifs, mais l'immense majorité des stations-service avaient stoppé toute activité dans l'après-midi.

Les ministères de l'Économie, des Finances, du Commerce et de l'Industrie ont décidé d'augmenter le prix de l'essence de 38%, celui du diesel de 47% et celui du kérosène de 51%, à compter du samedi 7 juillet à minuit.

Le nouveau cadre de référence entre le FMI et Haïti, signé en février, impliquait la cessation de la subvention publique des produits pétroliers, source conséquente du déficit budgétaire de l'État.

Le gouvernement haïtien justifie la diminution de ces subventions publiques du fait qu'elles privilégiaient injustement l'économie de la République dominicaine voisine, où les tarifs à la pompe sont plus élevés.

«La consommation journalière de produits pétroliers était arrivée à autour de 20 000 barils, alors que notre consommation habituelle est de 14 000 ou 15 000 barils», a détaillé vendredi Jude Alix Patrick Salomon, le ministre haïtien de l'Économie et des Finances.

«Chaque jour, c'est une subvention de 5 à 6000 barils que l'on finance pour l'autre côté de la frontière, ce qui est très lourd pour notre économie», a-t-il ajouté.

Sachant la mesure impopulaire, les ministres ont fait coïncider leur conférence de presse avec le quart de finale de la Coupe du monde de football auquel participait le Brésil, l'équipe supportée avec une immense ferveur par la majorité des Haïtiens.

Ce n'est qu'à l'issue de la rencontre, signant l'élimination de la sélection brésilienne, que les troubles ont débuté à Port-au-Prince.