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Sherbrooke

Des itinérants se tournent vers la forêt

Alex Drouin | Agence QMI

Alex Drouin

Les itinérants qui décident de s’installer dans les forêts qui entourent la ville sont de plus en plus nombreux à Sherbrooke.

Simon Lacroix, 49 ans, et Mario Grondin, 56 ans, font partie de ces sans-abri qui ont décidé de vivre dans le bois. Ils sont installés le long de la rivière Saint-François dans un repaire secret. Ils ne sont pas très loin de la ville, mais assez selon eux pour ne pas être repérés des policiers.

Ils ont chacun leur tente et une table. Ils se sont installé une corde à linge, quelques étagères et un endroit pour faire des feux.

Pour conserver la nourriture, ils ont un mini frigo, mais il n’est pas branché. Ils ont donc creusé des trous dans la terre pour préserver leurs provisions.

Ils possèdent également un petit bateau gonflable qui leur permet de se promener sur la rivière.

Toxicomanie

«Ça me tente de rester ici à l’année», lance M. Grondin. C’est à cet endroit même qu’il allait souvent allumer des feux de camp avec ses amis lorsqu’il était jeune.

Son copain vient tout juste de se retrouver à la rue à la suite d’une séparation.

«J’aimerais mieux avoir un toit. J’ai abouti ici par ma faute», dit M. Lacroix.

Les deux itinérants ont reconnu qu’ils ont eu beaucoup de problèmes de toxicomanie, ce qui les a projetés dans la pauvreté et mis à la rue.

M. Grondin a déjà hérité d’une somme importante à la suite du décès de son père, mais il l’a dépensée en grande partie dans la drogue.

«C’est allé dans le nez, dans les bras et un peu partout», admet sans détour celui qui a commencé à consommer à 35 ans.

M. Lacroix a fait savoir qu’il ne consommait plus depuis quelque temps, mais que dernièrement, il a fait une rechute.

Informé de la situation des deux hommes par «Le Journal de Montréal», le responsable de la coordination intersectorielle en itinérance pour le territoire desservi par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Charles Coulombe, a souligné qu’ils auront bientôt des problèmes.

Néfaste à long terme

«Les personnes qui vivent ce genre de situation verront leur situation se dégrader. Par exemple, s’ils ont des problèmes de santé mentale, ils n’ont pas de suivi médical», a mentionné M. Coulombe.

«Vivre dans la rue peut être un choix au début, mais lorsqu’ils essaient de s’en sortir, ils ne sont pas capables. L’itinérance est le reflet d’une absence de choix ou d’une incapacité de choisir», a-t-il ajouté.

La police municipale de Sherbrooke soutient que les deux hommes pourraient recevoir une amende de 149 $ si elle trouvait leur repaire secret puisqu’ils sont sur un terrain privé sans la permission du propriétaire. Ils seraient également invités à quitter les lieux.

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