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Zones fermées pour protéger la baleine noire

Une saison difficile pour la pêche aux homards en Gaspésie

Simon Gamache-Fortin | TVA Nouvelles 

La pêche aux homards s'est avérée difficile dans le sud de la Gaspésie en raison des fermetures de zones pour la protection de la baleine noire en plein cœur de la saison. Selon les premières estimations, les prises ont diminué de 25% comparativement à l'an dernier.

La saison de pêche aux homards a débuté le 28 avril et devait se terminer le 5 juillet. Les pêcheurs ont vécu un bon début de saison, ce qui laissait présager de bons débarquements qui auraient contribué à faire de 2018 la deuxième meilleure saison de l’histoire de la pêche aux homards en Gaspésie.

L’annonce de la fermeture de zones de pêche pour quinze jours  à la mi-juin  en raison de la présence de baleines noires a tout fait basculer. On en était à la huitième semaine de pêche et il ne restait que trois semaines à la saison. Habituellement, 15 à 20% des captures totales se font dans le dernier droit de la saison. 

À ce moment, dans le sud de la Gaspésie, 65 pêcheurs et leur équipage se sont retrouvés en arrêt de travail.

«Les pêcheurs ont été abasourdis. Ils ont été frappés, car pour une première fois au Canada la pêche aux homards a été interrompue de cette façon-là à cause de la présence de la baleine noire [...] Ils ont été étonnés d’être touchés par la mesure, eux qui n’étaient pas dans le conflit de la perte ou de la mortalité des baleines en 2017. Ils ont été les premiers très affectés, obligation d’arrêt de travail. Ils ont vraiment été sonnés d’apprendre ça et de voir ça», explique O’Neil Cloutier, directeur général du regroupement des pêcheurs du sud de la Gaspésie.

Des impacts pour les pêcheurs

Les employés ont pu bénéficier du programme mis en place par le gouvernement provincial pour réduire les impacts du trou noir pour les travailleurs saisonniers (période entre la fin des prestations d’assurance-emploi et la reprise du travail). Il s’agit de formations rémunérées par l’employeur qui reçoit une aide gouvernementale. Le gouvernement fédéral a également injecté 240 millions de dollars sur trois ans pour soutenir l'industrie.

Actuellement, 107 aide-pêcheurs entament leur troisième semaine de formation à l'École des pêches et de l'aquaculture du Québec avec ce programme.

Les mesures de protection de la baleine noire par la fermeture dynamique de zones de pêche sont une menace qui a pesé lourd sur les pêcheurs cette année.

«Ça touche l’imaginaire aussi, puisque l’ensemble des citoyens a été confronté à une psychose créée par Pêches et Océans Canada,  une "psychose" de la baleine [...] On recevait chaque jour des informations du ministère, on sentait la pression augmenter parce que les baleines se rapprochaient de la côte.  Ça a créé une psychose de la baleine qui a été très difficile à vivre pour les pêcheurs», ajoute M. Cloutier.

Impossible de savoir pour le moment si cette stratégie de Pêches et Océans Canada sera reconduite dans les prochaines années pour la baleine noire.

Les pêcheurs du sud de la Gaspésie souhaitent un retour à la normale l’an prochain. L’industrie est très importante dans la région. Elle représente 500 emplois uniquement liés à la capture.

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