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Drummondville

Coupable après avoir refusé de passer l’alcootest

Caroline Lepage

 - Agence QMI

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Andy Dean - stock.adobe.com

Une notaire de la région de Drummondville acquittée d’avoir refusé de passer l’ivressomètre parce qu’elle était en état d’ébriété trop avancé est finalement trouvée coupable.

Kathleen Blanchard a été acquittée, il y a deux ans, d’avoir refusé de passer l’alcootest, après avoir été impliquée, en août 2013, dans un accident sur le 8e rang à Saint-Germain, au Centre-du-Québec. La Couronne a contesté la décision, qui était justifiée par un rare principe de non-responsabilité criminelle.

«Sa défense est qu’elle était tellement saoule que son état d’ébriété équivalait à de l’automatisme sans troubles mentaux», rapporte la Cour d’appel, qui vient de déclarer l’accusée coupable.

Intoxication extrême

Mme Blanchard aurait bu ce jour-là 13 bières et une bouteille de vin. Sur la scène de l’accident, les policiers ont constaté l’intoxication avancée de l’accusée, qui se disait elle-même alcoolique.

Selon la policière Véronique Pelletier, Mme Blanchard s’est débattue et s’est même couchée au sol en feignant de dormir pour éviter l’alcootest, qu’elle n’a jamais passé.

L’expert en toxicologie de la Couronne, Mohamed Ben Hamar, évalue que le taux d’alcoolémie de l’accusée atteignait 403 mg par 100 ml (0,403 g), soit plus de 5 fois la limite permise de 0,08 g, ce qui aurait pu causer la mort d’une personne non alcoolique.

«Elle ne se souvient absolument pas avoir quitté la maison. La seule image qui lui reste en tête est d’avoir mis une robe de soirée. Par la suite, elle se réveille le matin dans la cellule du poste de police.»

Illogique

Selon le psychiatre de la défense, Pierre Gagné, l’accusée se trouvait en état d’automatisme, donc qui échappait à sa volonté, à cause de son intoxication extrême et n’avait plus conscience de rien. Son jugement était affecté et l’empêchait de comprendre les conséquences de son refus d’obtempérer.

La Cour d’appel trouve ces arguments insoutenables, car le refus de l’accusée doit résulter d’un acte involontaire et non pas d’un acte irréfléchi.

«Cette dernière aurait toujours une excuse valable pour boire à outrance et conduire, car elle se trouverait en état d’automatisme presque chaque fois», plaide-t-elle dans le jugement.

Contactée par «Le Journal de Montréal», l’accusée a refusé de commenter cette décision, qu’elle pourrait contester, sans quoi elle retournera à la Cour du Québec pour recevoir sa peine. La date de comparution pour la peine de l’accusée n’est pas encore connue.

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