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En dépit des tensions commerciales

La Banque du Canada relève son taux directeur à 1,50

Agence QMI

En dépit de l’incertitude causée par les tensions commerciales avec les États-Unis, la Banque du Canada a haussé mercredi son taux directeur à 1,5 %, signe que l’économie canadienne est en assez bonne santé pour faire face à la crise.

Cette augmentation d’un quart de point est motivée avant tout par le fait que l’économie canadienne «continue de tourner presque à plein régime», par la vigueur plus forte que prévu de l’économie américaine et par une croissance mondiale soutenue.

Les différentes banques canadiennes, incluant la BMO, la Banque TD, la Banque Royale, la Banque Laurentienne et Desjardins ont rapidement réagi, en après-midi, en haussant leur taux préférentiel de 0,25 point, le faisant passer de 3,45 % à 3,70 %. Ces nouveaux taux seront en vigueur dès jeudi.

Impacts de la guerre tarifaire

Malgré un portrait global encourageant, l’ombre d’une guerre commerciale avec les États-Unis plane sur les projections de la Banque du Canada. Cette dernière identifie même le protectionnisme commercial comme la «principale menace sur les perspectives mondiales».

Dans son nouveau Rapport sur la politique monétaire, l’institution estime que les tarifs américains sur l’acier et l’aluminium feront chuter les exportations canadiennes de 3,6 milliards $. Les contre-mesures canadiennes, elles, feront diminuer les importations au pays de 3,9 milliards $.

La Banque parle d’un «effet modérateur» qui retranchera deux tiers de pourcentage au PIB, mais qui pourrait être atténué en fonction de la capacité des entreprises canadiennes à se détourner des États-Unis.

«Bien qu’il y ait des ajustements difficiles à venir pour certains secteurs et leurs travailleurs, l’effet de ces mesures sur la croissance et l’inflation au Canada devrait être modeste», a-t-elle assuré mercredi.

La renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et la possibilité de tarifs américains sur l’industrie automobile ajoutent également à l’incertitude, mais leurs impacts restent difficiles à évaluer pour l’instant.

«La Banque ne peut pas prendre ses décisions de politiques monétaires en se fondant sur des scénarios hypothétiques», a déclaré le gouverneur de la banque centrale, Stephen Poloz, en conférence de presse, pour expliquer sa décision.

D’autres augmentations à venir

Dans son nouveau rapport publié mercredi, la Banque note que le PIB canadien devrait progresser en moyenne de 2 % chaque année jusqu’en 2020, soutenu par la demande étrangère.

Les exportations canadiennes et les investissements des entreprises ont été plus forts que prévu au premier trimestre de 2018, bien que freinés par les droits de douane américains. Le marché immobilier montre également des signes de relance après avoir affiché une certaine faiblesse en début d’année.

D’ailleurs, l’inflation au pays demeure près de la cible de 2 % de la Banque.

Au sud de la frontière, la croissance américaine atteint 3,1 % en 2018, portée notamment par des investissements privés plus importants que prévu et une forte progression de l’emploi. La croissance mondiale, elle, doit atteindre 3,75 % cette année.

En raison de la bonne posture de l’économie canadienne, le taux directeur avait été porté à 1,25 % en janvier dernier, une troisième hausse depuis juillet 2017.

Confiante, la Banque projette que les taux d’intérêt continueront d’augmenter, mais le rythme de cette hausse tiendra notamment compte de la réaction des entreprises et des consommateurs aux tensions commerciales.

La prochaine décision sur le taux directeur est attendue le 5 septembre prochain.

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