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Organisme de défense des locataires

Nouvelles règles encadrant Airbnb: le BAIL redoute les évictions de locataires

Jean-Luc Lavallée | Le Journal de Québec

Les futures règles municipales qui encadreront l’hébergement de type Airbnb à Québec feront «la part belle aux touristes» au détriment des locataires, qui risquent l’éviction, déplore un organisme de défense des droits des locataires.

Même si le taux d’inoccupation actuel oscille entre 4 et 5% pour les logements - alors que ce taux était d’à peine 0,1% lors de la crise du logement au début des années 2000 - le Bureau d’animation et information logement (BAIL) redoute les conséquences de l’éventuel cadre réglementaire sur le parc locatif.

Certains propriétaires dans Limoilou et Saint-Roch auraient déjà évincé des locataires afin de profiter de la manne touristique. Le BAIL dit avoir observé ce phénomène et craint son amplification avec le futur règlement qui entrera probablement en vigueur en 2019.

«Des possibilités de revenus importants grâce à l’hébergement de type Airbnb inciteront certainement plusieurs propriétaires à utiliser la reprise de logement pour évincer leurs locataires», selon le porte-parole du BAIL Jonathan Carmichael.

Les premières victimes de ces évictions seront les locataires à faible revenu qui habitent le même appartement depuis très longtemps et qui ont été à l’abri de hausses importantes de loyer. Ces personnes vulnérables seront ensuite incapables de retrouver un logement à un prix aussi abordable, anticipe-t-il.

Aucun maximum de nuitées

Afin de mieux protéger les locataires, M. Carmichael aurait souhaité que la Ville impose un nombre maximum de 15 nuitées par an en location pour la résidence principale d’un hôte, ce qui n’est pas le cas. La Ville de Québec s’inspirera plutôt du règlement provincial qui définit la location à court terme (31 jours consécutifs et moins) sans fixer de maximum annuel.

Les règles à ce chapitre sont très variables d’une ville à l’autre. À Toronto, par exemple, la location est autorisée pour 180 nuitées par an, alors qu’à Paris, le locateur ne peut franchir le cap des 120 nuitées. À Vancouver, il n’y a aucune limite.

Rappelons que la Ville de Québec autorisera l’hébergement touristique, à condition qu’il s’agisse de la résidence principale du locateur.

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