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Enquête sur les entreprises de Marc Bibeau

L’ordinateur d’une administratrice d’Hydro-Québec perquisitionné

Éric Yvan Lemay | Agence QMI 

Sébastien St-Jean / Agence QMI

Revenu Québec a saisi le contenu de l’ordinateur d’une avocate qui était aussi administratrice d’Hydro-Québec, dans le cadre d’une enquête sur les entreprises de l’ex-argentier du PLQ Marc Bibeau.

Alors que la commission Charbonneau montrait en 2014 que le collecteurs de fonds libéral Marc Bibeau s’intéressait aux contrats d’Hydro-Québec, on apprend dans un récent jugement qu’il faisait affaire avec Marie-Anne Tawil, une avocate qui siégeait au même moment sur le conseil d’administration de la Société d’État.

Selon ce jugement de la Cour supérieure daté du 10 mai dernier, les agents du fisc ont fait une copie miroir de l’ordinateur de Me Tawil lors de la perquisition, en août 2016, dans les locaux des firmes Schokbéton et Saramac, à Saint-Eustache.

À cette époque, l’avocate travaillait à contrat pour ces entreprises liées à Marc Bibeau, qui faisaient l’objet de la perquisition.

Elle se présentait au siège social de Saint-Eustache lorsque requis, mais elle n’avait pas de bureau comme tel à cet endroit, selon une de ses collègues citée dans la décision.

Marie-Anne Tawil et Marc Bibeau communiquaient aussi fréquemment ensemble. Un total de 1241 appels ont été effectués entre les appareils téléphoniques appartenant à Bibeau et ceux de Me Tawil, de 2006 à 2012, selon des registres consultés l’an dernier par notre Bureau d’enquête.

Elle a quitté Hydro

Marie-Anne Tawil a quitté Hydro Québec en 2017. Rien dans le jugement ne mentionne qu’elle est visée par l’enquête de Revenu Québec.

La saisie des biens d’août 2016 a été annulée par le jugement du 10 mai dernier. La Juge Claude Dallaire a alors estimé que Revenu Québec avait été «négligente» en ne mentionnant pas au juge qui a émis les mandats de perquisition la présence d’un notaire et de deux avocates sur les lieux qu’elle comptait visiter.

De l’intérêt pour Hydro

Le nom de Marc Bibeau a été associé à Hydro-Québec à plusieurs reprises depuis quelques années. Un ancien dirigeant de la firme de génie-conseil RSW, Georges Dick, a affirmé à la commission Charbonneau que Bibeau l’aurait prévenu qu’il pouvait influencer l’octroi des contrats d’Hydro-Québec.

Il a expliqué sous serment avoir eu des discussions à ce sujet avec lui avant et après l’arrivée au pouvoir des libéraux en 2003.

L’ex-PDG d’Hydro-Québec, André Caillé, a aussi mentionné à la Commission que, vers 2003 ou 2004, Marc Bibeau aurait approché une cadre d’Hydro-Québec, Marie-Josée Nadeau, pour avoir de l’information sur les contrats de génie octroyés par la Société d’État.

Les avocats de M. Bibeau se sont défendus dans une lettre à la Commission Charbonneau en soutenant qu’aucune preuve ne permet de conclure que leur client avait utilisé sa position au sein du PLQ pour obtenir des informations sur les contrats d’Hydro-Québec.

Hydro-Québec nous a confirmé hier qu’elle a octroyé entre 2008 et 2015 trois contrats aux sociétés Schokbéton et Saramac, dont la valeur varie entre 88 000 $ et 4 millions $. Ces contrats n’ont pas fait l’objet de discussions au niveau du conseil d’administration.

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