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Place à l'imprévisible Beck sur les Plaines

Cédric Bélanger | Journal de Québec

S’il y a une seule certitude dans le parcours musical de Beck, c’est que l’inattendu a toujours été au rendez-vous.

Un des créateurs les plus prolifiques et inventifs du dernier quart de siècle aux États-Unis, on a connu Beck avec Loser, traînarde réinvention du hip-hop, devenu l’hymne d’une génération désabusée au sortir de la vague grunge.

Puis, d’album en album, Beck n’a eu de cesse de se renouveler en exploitant tous les styles musicaux, du rock alternatif sombre d’Odelay au folk intimiste de Sea Change et Morning Phase en passant par la pop dansante et éclatée de Midnite Vultures et de son plus récent Colors.

De cette musique ensoleillée qui constitue le squelette de ce 13e album en carrière, Beck Hansen, 48 ans depuis peu, ne savait que faire puisque Colors devait à l’origine paraître en novembre 2016, au moment où Donald Trump s’emparait de la présidence des États-Unis.

«Ça ne semblait pas le moment idéal pour ces chansons», a-t-il confié au Guardian.

Colors a donc été mis sur une tablette pendant presque un an. «Peut-être que j’aurais pu faire un album différent, mais on s’est trop investi dans ces chansons. Elles devaient voir le jour.»

Le Grammy de la controverse

Il y a donc le Beck pop, funky et qui donne furieusement envie de se déhancher, comme ça risque de se produire, jeudi soir, sur les plaines d’Abraham. Mais il y a aussi le Beck à l’esprit folk, torturé et mélancolique.

Or, c’est quand il a navigué sur ces eaux musicalement plus calmes que Beck a récolté certains de ses plus grands honneurs.

Sea Change, en 2002, en rupture totale de ton avec ses œuvres précédentes (et créé après sa difficile séparation avec la styliste Leigh Limon), avait ravi la critique et ses fans. Puis Morning Phase, en 2014, lui avait valu la consécration suprême, le Grammy de l’album de l’année.

Sa victoire avait provoqué une autre montée de lait de Kanye West. Après avoir interrompu le discours de Beck en montant sur scène sans rien dire, le rappeur avait déclaré que Beyoncé aurait dû remporter le prix.

Il a repris Ferland

Quand il n’est pas occupé avec ses propres projets, Beck se met le nez dans celui des autres. S’il fallait réunir dans une même programmation tous les artistes importants avec qui il a collaboré, on aurait un festival de classe mondiale s’échelonnant sur plusieurs jours : Jack White, Lady Gaga, Sia, Flume, Nate Ruess (Fun), Childish Gambino, les Chemical Brothers. On en oublie.

Dans l’une de ses associations les plus marquantes, il a écrit les chansons et produit l’album IRM, de Charlotte Gainsbourg. «On dirait qu’il pense tout le temps à la musique», avait dit de lui, au New York Times, la fille de Serge Gainsbourg.

Sur ce même album, on retrouvait une reprise du classique Le chat du café des artistes, de Jean-Pierre Ferland. Une idée de Beck, avait révélé Gainsbourg.

Et une preuve supplémentaire de sa curiosité musicale.

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