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Nevada

Report d'une exécution utilisant le fentanyl

Agence France-Presse

L'État américain du Nevada a reporté mercredi l'exécution d'un prisonnier par une injection létale contenant du fentanyl, une substance opiacée puissante et controversée, ont rapporté des médias américains.

L'exécution de Scott Dozier, condamné pour meurtre en 2002, a été suspendue quelques heures avant sa mise à mort, à la suite d'une plainte déposée par le fabricant du sédatif midazolam, autre produit faisant partie du cocktail de trois substances devant être administré au prisonnier.

«Le plaignant a de bonnes raisons de penser qu'il subira des dommages à sa réputation commerciale qui auront un impact sur les relations avec ses investisseurs et ses clients», a estimé la juge Elizabeth Gonzalez, du comté de Clark, selon le Las Vegas Review-Journal.

Sans la suspension de cette exécution, le Nevada aurait alors été le premier État américain à exécuter un prisonnier en utilisant du fentanyl.

Le fentanyl fait partie de ces médicaments antidouleurs très puissants de la famille des opiacés qui ont provoqué une crise de santé publique sans précédent aux États-Unis, en plongeant de nombreux patients dans une situation de dépendance et en les poussant vers la toxicomanie.

Il est considéré comme responsable de la mort de plus de 20 000 personnes aux États-Unis en 2016. Il s'agit d'une drogue 50 fois plus puissante que l'héroïne et jusqu'à 100 fois plus que la morphine.

Le Nevada s'est attiré les critiques de professionnels de la médecine et de militants qui dénoncent une dangereuse expérimentation.

Vingt-trois personnes ont été exécutées aux États-Unis en 2017, loin du pic de 1999, avec 98 exécutions. Si la peine de mort est autorisée dans 31 États, seulement huit d'entre eux l'ont pratiquée en 2017 selon le Pew Research Center.