/news/currentevents

État de siège à Toronto

Pas un «show de boucane», dit un spécialiste, ex-capitaine de la SQ

TVA Nouvelles

Pour qu’un état de siège comme celui survenu à Toronto jeudi soit déclaré et mis en place, les informations sur l’attentat possible doivent être très crédibles, selon l’ex-capitaine de la Sûreté du Québec (SQ) Mario Berniqué.

«C’est une mesure d’urgence qu’on applique lorsqu’on est certain ou à peu près sûr qu’il va mettre en action son geste et le délai dans lequel il va le faire, précise le spécialiste en gestion de foules. Je pense qu’il fallait réagir rapidement.»

Contrairement à ce que plusieurs citoyens ont pensé, ce n’était pas qu’un simple «show de boucane» pour impressionner en mettre en évidence la présence de la police.

Le sujet est encore délicat à Toronto puisque la ville se remet à peine de l’attentat au véhicule-bélier qui avait fait 10 morts en avril dernier.

«Si c’est un problème relié à l’autre [attentat], dont l’enquête n’est peut-être pas complètement terminée, il faut fermer toutes les portes. On ne peut pas faire un show de boucane avec un appel aussi important que ça, affirme M. Berniqué. S’ils ont déployé du monde pour un événement aussi important hier, c’est que l’événement devait être important.»

Enquête toujours en cours

L’ex-capitaine de la SQ explique que les autorités mènent une enquête dans laquelle une cueillette d’informations et leur analyse se poursuivent.

De nombreux moyens sont utilisés pour continuer de collecter des éléments. «Les informations [obtenues par la cueillette], la localisation des appels 911, la localisation de toute demande d’appel, peuvent se faire quand même assez bien.»

«Tous les scénarios doivent être envisagés dans un centre de contrôle. Il y a un petit remue-méninge qui va se faire avec les appels et les informations reçues pour enquêter sur l’auteur de la menace.»

M. Berniqué indique par ailleurs que même si l’attaque n’a pas eu lieu, l’enquête doit être menée jusqu’au bout puisqu’elle a nécessité le déploiement de nombreux policiers.

Comment prévenir une attaque au véhicule-bélier

Les attaques au véhicule-bélier sont parmi les plus difficiles à contrecarrer pour les services de renseignements puisqu’ils surviennent généralement sans avertissement. Ce ne fut pas le cas lors de la menace de jeudi à Toronto.

«Étant donné qu’on a eu une annonce, on peut se servir des drones, de l’information, du net, de la géolocalisation, pour essayer de mieux cerner la cible», détaille Mario Berniqué.

Jeudi, il n’y avait pas d’information précise sur le lieu où se produirait l’attentat. La présence policière a donc été déployée dans les lieux les plus emblématiques et plus fréquentés de Toronto. D’abord, des policiers supplémentaires ont été déployés autour du Centre Rogers et de la Tour du CN, ainsi qu’au parc d’attractions Canada’s Wonderland, situé au nord de Toronto, entre Barrie et Toronto, où l’armée était également présente.

Dans la même catégorie