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Interdits à l'heure de pointe

Les détours du pont Mercier font rager les camionneurs

TVA Nouvelles

Depuis le 3 juillet, les poids lourds ne peuvent plus circuler sur le pont Mercier pendant les heures de pointe, une interdiction qui finit par leur coûter cher.

Un journaliste de TVA Nouvelles a passé la journée de vendredi avec Pierre Aubin, propriétaire de trois compagnies de transport, mais aussi camionneur expérimenté.

C'est d'ailleurs lui qui nous a téléphoné pour que l'on puisse passer une journée dans son camion.

«Tout est bloqué partout parce qu'ils ont tout fait en même temps!», estime-t-il.

Ceux qui empruntent habituellement le pont Mercier passent depuis dix jours par le pont à péage de l'autoroute 30, aux heures de pointe, en raison de travaux majeurs sur la plus ancienne partie de la traversée.

Un détour d'une centaine de kilomètres quotidiennement.

 Résultat: des pertes financières importantes pour les entreprises. Pierre Aubin estime qu'il perd environ 3000 dollars par jour.

Si les travaux vont bon train et se terminent comme prévu le 20 août, l’entrepreneur aura perdu au total 144 000 dollars.

«On a augmenté certains clients, mais pas tous les clients vont payer la facture, explique M. Aubin. On doit assumer beaucoup de ces pertes-là nous autres même.»

Et les chauffeurs sont au bout du rouleau : certains refusent systématiquement de conduire à Montréal.

«Envoyer un chauffeur à Montréal, là, c'est à peu près comme lui annoncer qu'il va mourir», illustre M. Aubin.

Mais ce n'est certainement pas le trafic qui mettra un terme à sa carrière.

«Ma drogue, c'est pas de l'héroïne, c'est pas du pot, c'est pas une ligne de ‘’coke’’; ma drogue, moi, c'est le transport. J'adore le transport», déclare-t-il, au volant de son mastodonte des routes.

-D’après le reportage d’Andy St-André

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