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Qui est le «cardinal mystère» de Jean-Paul II?

Succession du Pape

LCN

(AP) - En 2003, le Pape Jean-Paul II avait crée un cardinal, sans l'identifier publiquement, selon la procédure «in pectore». Maintenant qu'il est mort, le monde connaîtra-t-il un jour le nom de ce cardinal-mystère, ou Jean-Paul II a-t-il emmené ce secret dans sa tombe?

En 2003, il avait ainsi crée un cardinal in pectore (dans le secret de son cœur), formule utilisée lorsque le Pape veut choisir un prince de l'Église dans un pays où l'Église est victime d'oppression et de répression. On avait estimé à l'époque qu'il pourrait s'agir d'un Chinois, Pékin ne reconnaissant que l'existence d'une Église catholique officielle.

On avait également évoqué le nom de l'archevêque polonais Stanislaw Dziwisz, le secrétaire particulier de Jean-Paul II, son plus proche collaborateur qui était à son chevet au moment de sa mort.

Aujourd'hui, les observateurs s'interrogent: existe-t-il un moyen juridique pour que ce cardinal non identifié puisse rejoindre les rangs de ses pairs et, s'il a moins de 80 ans, participer à l'élection du nouveau Pape?

Selon James Conn, professeur de droit canon à l'Université grégorienne de Rome, Jean-Paul II a peut-être identifié ce cardinal dans un document authentifié: «Je crois qu'un moyen quelconque de rendre public le nom de ce cardinal, y compris dans une disposition testamentaire authentifiée, serait acceptable».

Si le droit canon précise que seul le Pape peut révéler le nom d'un cardinal in pectore, il ne précise pas si cette annonce doit être verbale ou peut être écrite.

Une fois le nom du cardinal connu, ce dernier est «lié par les mêmes obligations et possède les mêmes droits» que ses pairs. Donc y compris celui de voter pour le Pape, précise le droit canon.

Au jour d'aujourd'hui, 117 cardinaux peuvent participer au conclave chargé d'élire le Pape.

Au cours de son pontificat, Jean-Paul II avait crée trois autres cardinaux in pectore: l'Ukrainien Marian Jaworski et le Letton Janis Pujats, du temps de l'URSS officiellement athée.

Il y a aussi Ignatius Kung Pin-Mei, vieil évêque chinois qui passa 30 ans en prison pour avoir défié les tentatives du gouvernement communiste de contrôler les catholiques via l'église officielle. Il fut crée en 1979, dans la première promotion de cardinaux du pontificat de Jean-Paul II, alors qu'il était en prison. Son nom fut révélé en 1991, neuf ans avant sa mort aux États-Unis, à l'âge de 98 ans.

En vidéo 1, écoutez le reportage d'Yves Malo sur les cardinaux en lice pour devenir pape.

En vidéo 2, écoutez les explications du curé Poisson.