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L'ascension fulgurante de Google débutait

En vidéo, écoutez les précisions de la journaliste Annie Dufour.

D'après The Associated Press

Quand Larry Page et Sergey Brin ont fondé Google (GOOG) le 7 septembre 1998, ils n'avaient que quatre ordinateurs, leur ingéniosité et 100 000 $. Tout juste dix ans plus tard, le premier moteur de recherche sur Internet est un géant doté d'un réseau gigantesque d'ordinateurs, employant 20 000 personnes et affichant une valeur boursière de 150 milliards $ US.

De grandes ambitions

Google, qui joue déjà un rôle majeur dans le secteur des médias, du marketing et de la technologie, affiche de grandes ambitions. Mais la firme de Mountain View, en Californie, devra aussi montrer sa capacité à rester au sommet au cours de la prochaine décennie. «On ne peut pas faire ce qu'ils font sans être confrontés à un moment donné à des défis», souligne Danny Sullivan, rédacteur en chef du site spécialisé Search Engine Land, qui suit la saga Google depuis le début.

Le contrôle croissant de Google sur le trafic et la publicité sur Internet fait craindre la constitution d'un monopole, et il n'est pas exclu que son projet de vendre des publicités à Yahoo soit contesté par les autorités antitrust américaines. Les organisations de défense de la vie privée reprochent également à Google de détenir des informations potentiellement sensibles sur les 650 millions de personnes qui utilisent son moteur de recherche et d'autres services de la société comme YouTube, Maps et Gmail.

Le futur de Google

Pour protéger ses intérêts, Google a engagé des lobbyistes chargés d'amadouer les parlementaires et renforcé son service de relations publiques. La firme entend partir à la conquête de nouvelles frontières. Dernier exemple de sa volonté d'expansion, la sortie début septembre du logiciel de navigation internet Chrome.

Pour la décennie à venir, Google lorgne en priorité sur la téléphonie mobile et d'autres appareils mobiles. Le groupe projette également de réaliser des copies numériques de tous les livres publiés, vendre des logiciels aux entreprises via Internet ou encore de modifier son moteur pour qu'il comprenne mieux les requêtes exprimées dans un langage simple.

«Ne soyez pas mauvais»

Page et Brin, tous deux âgés de 35 ans, et chacun à la tête d'une fortune de 19 milliards $ US, n'ont jamais caché qu'ils voyaient Google comme une force du bien, philosophie que reflète la devise de l'entreprise: «Ne soyez pas mauvais». «Si nous avions un sabre laser, nous serions Luke (Skywalker)», plaisante Craig Silverstein, directeur de la technologie chez Google et premier employé embauché par Page et Brin.

Mais on peut aussi faire référence à «Star Wars» en décrivant Google comme un vaste empire dominant largement le marché des moteurs de recherche et de la publicité sur Internet. La société traite près des deux tiers des requêtes de recherche en ligne dans le monde, selon le cabinet comScore, et vend les trois quarts des publicités liées aux requêtes de recherche, d'après la firme eMarketer.

Google a gagné 48 milliards $ US grâce à la publicité sur Internet depuis 2001. De l'argent en partie réinjecté dans l'économie du Net sous la forme de commissions versées à des sites web diffusant les publicités de Google. «Google est l'oxygène de cet écosystème», souligne John Battelle, auteur d'un livre sur Google.

La firme espère absorber encore plus de publicités grâce au plus gros «coup» de sa courte histoire: l'acquisition pour 3,2 milliards $ US du service de marketing en ligne DoubleClick achevée il y a six mois. Google tente également d'augmenter la rentabilité de sa deuxième plus importante acquisition, le site d'hébergement de vidéos YouTube, qui devrait générer un chiffre d'affaires de 200 millions $ US cette année.

Des menaces en vue?

A terme, le président de Google Eric Schmidt vise un chiffre d'affaires global de 100 milliards $ US par an, ce qui ferait du groupe un géant équivalent à Hewlett-Packard et IBM. Cette année, Google va dépasser le seuil des 20 milliards $ US pour la première fois.

Mais certains rivaux sont déterminés à contrarier ses plans. Le conglomérat Viacom, présent dans les médias, réclame en justice un milliard de dollars à Google, accusé de violation de droits d'auteur avec YouTube. Autre géant de la haute technologie, Microsoft a montré son désir de faire pièce à Google en proposant d'acheter Yahoo pour 47,5 milliards $ US cette année.

La firme de Bill Gates a finalement retiré son offre publique de rachat en raison de divergences sur la valeur de Yahoo, mais les analystes pensent toujours que les deux entreprises pourraient finir par s'unir pour contrer la montée en puissance de Google.