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Confidences d'une entrepreneure: un pauvre millionnaire?

TVA Nouvelles

Anne Marcotte
Collaboratrice, Argent

« Bonjour Anne, je sais… long time, no see, mais il faut que je te vois. Disons que c’est assez urgent. J’ai besoin d’argent ! » Au bout du fil, un ex-client. Mal à l’aise, j’avais accepté de le rejoindre dans un café.

L’homme de 100 millions de dollars

Plusieurs années auparavant, cet entrepreneur était à la tête d’un succès technologique d’avant-garde. Il avait retenu les services de notre entreprise de solutions Internet. Nous étions bien fiers de ce superbe coup d’éclat. Plusieurs personnes semblaient s’intéresser grandement à lui. J’avais même le sentiment que certains vautours l’avaient bien à l’œil.

Son associé et lui avaient eu l’idée de fabriquer des téléphones publics multimédias munis d’écrans tactiles permettant de naviguer sur le Net. Avouons que dans les années 1990, ce concept innovateur semblait très prometteur. Il était assez facile d’imaginer leurs appareils envahir les aéroports, les gares et autres endroits publics fortement achalandés.

Notre entrepreneur parcourait le monde entier. On entendait parler de son entreprise de plus en plus souvent. Ça avait l’air tellement excitant son affaire…

Puis un jour, les millions virent frapper à sa porte. Notre homme vendit ses actions. Au son des trompettes et clairons, il encaissa sa part des 100 millions avec les autres actionnaires de l’entreprise.

Un soir d’été, je revis le multimillionnaire arrivé en grandes pompes devant un café terrasse où je me trouvais. Sa magnifique bagnole traînait un remorqueur sur lequel prenaient place deux superbes motos. Le valet de stationnement lui offrit, avec un dévouement non dissimulé, un service exceptionnel. Notre entrepreneur glissa un généreux pourboire dans les poches du jeune homme.

« On vous sert un bon vin Monsieur? », demanda la serveuse. « Apporte-nous le plus cher ! », avait-il lancé comme si rien n’était. Puis, plusieurs personnes vinrent le rejoindre pour festoyer à sa table. Il ramassa la note tout comme celle du magnifique voyage qu’il venait apparemment de leur payer. Des mois durant, on en entendit de toutes les couleurs sur ses extravagances. De toute évidence, il avait basculé d’aplomb dans le JET SET.

Repartir à zéro

Quelques années plus tard, son quotidien avait complètement changé. Il avait tout flambé. « Je n’ai pas respecté l’argent. Je me suis occupée de ma famille mais après, j’ai fait de nombreuses folies. J’ai souvent joué à disons… qui pisse le plus loin… », me lança-t-il humblement devant un bol de café. « Là, je dois repartir complètement à zéro », me dit-il en se mordant les lèvres.

Puis, il m’expliqua les grandes lignes de son plan de relance et de financement. Au bout d’une heure, il quitta le restaurant.

Je réglai la note. Rien d’extravagant…

Ce que je compris…

L’enthousiasme est l’un des carburants essentiels pour tout bâtisseur. Mais parfois, il peut devenir un talon d’Achille lorsque vient le temps, pour un entrepreneur, de gérer la fortune générée par la vente de son entreprise.

En ce qui me concerne, cette histoire me fit comprendre le point suivant. À la limite, ce n’est pas si important que ça le montant que l’on encaisse lors d’une transaction. C’est plutôt ce qu’on décide de faire avec l’argent les jours suivants la vente qui importe vraiment.

Une tribune pour vous !

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