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Le maire Labeaume, moi et l’exception…

TVA Nouvelles

Anne Marcotte
Collaboratice, Argent

CONFIDENCE D'UNE ENTREPRENEURE

« J’ai lu l’article sur toi ce matin, il faut qu’on se voit absolument demain car je pars en mission à l’extérieur du pays la semaine prochaine!». Régis Labeaume venait de m’envoyer un courriel. Le lendemain, on déjeunait ensemble.

« Ça m’intéresse ton affaire d’émission de télé ! »

À l’époque, il était le président de la Fondation de l’entrepreneurship. L’article publié en décembre 2006 mentionnait que je caressais le rêve de lancer une émission de télévision qui mettrait en valeur ma passion : l’entrepreneuriat ! Honnêtement, j’étais plutôt flattée que Régis Labeaume me signifie si rapidement de l’intérêt à l’égard de mon projet télé.

« La Fondation doit être là! », me lança monsieur Labeaume pratiquement dès le départ de la conversation. Ça tombait extrêmement bien car je savais que j’aurais besoin de commanditaires. « Tu veux qu’on paye pour être dans ton show télé? Oublie ça, on n’a pas d’argent, on est une Fondation ! », me répondit-il dans un éclat de rire.

Je conclus l’entretien en lui disant que sans argent pour commanditer l’émission, on ne pourrait même pas tenir cette conversation. « En tous les cas, ça m’intéresse, tiens-moi au courant ! »

Il quitta laissant derrière lui la facture de son petit déjeuner…

Politiquement correcte ?

Trois mois plus tard, je revis Régis Labeaume lors d’une soirée privée organisée pour suivre le déroulement des élections provinciales. «Il paraît que tu veux faire de la politique un jour ? De la politique municipale, ça te tenterait pas ? », me lança-t-il. Peut-être sondait-il mon intérêt à m’impliquer avec lui pour l’avancement de ma ville? Qui sait ?

En décembre 2007, Régis Labeaume devint le 37e Maire de la Ville de Québec. Et moi, la productrice de ma toute 1ère émission télé. Aux commandes de ma ville, il y avait maintenant un entrepreneur, un homme d’affaires, comme il l’exprime si bien.

Pour ma part, j’étais encore la même entrepreneure qui cherchait maintenant à attacher les derniers partenaires pour son concept télé. Je vis donc l’arrivée de l’ancien Président de la Fondation de l’entrepreneurship à la mairie comme une superbe opportunité.

Extrêmement confiante, je suis donc allée frapper à la porte de ma ville dans laquelle j’allais fièrement injecter des centaines de milliers de dollars pour ma production télé. Développement économique, cabinet du Maire, Culture et communications, Bureau des grands événements. Je suis passée à travers la machine à plus d’une reprise.

Six mois durant, j’ai été attentive à tout ce qu’on me disait. Avec perspicacité, j’ai même révisé mes budgets de manière significative. Résultat ? J’espérais toujours des nouvelles.

Puis un jour, lors d’une activité bénéfice pour le Carnaval de Québec, je réussis à me retrouver face à face avec le Maire de ma ville. Fortement enthousiasmée, je saisis pleinement l’occasion espérant que le maire Labeaume me donne un quelconque signe pour mon projet télé. Il m’en fit un. Mais pas du tout celui que j’avais imaginé. D’une main ferme, il me fit signe de me tasser pour laisser place à la caméra de télévision qui l’attendait en haut des escaliers roulants.

Perplexe, j’avoue avoir commencer à me poser de sérieuses questions.

Quelques semaines plus tard, j’entendis Régis Labeaume annoncer, en conférence de presse, qu’il réclamait plus de productions dans sa ville.

Comment peut-on en réclamer plus, et servir entre temps, une relative indifférence à certaines personnes qui s’activent à en faire dans la Capitale ?

Ce que je compris…

Peut-être que ma déception personnelle est exceptionnelle. Et que je suis la seule à qui c’est arrivé.

Peut-être aussi que Régis Labeaume est un excellent producteur et metteur en scène. Qui sait ?

Une tribune pour vous !

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