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Que reste-t-il de Québec 2002?

Jeux olympiques

Un Colisée modifié de 3,1 M$, un ovale extérieur protégé par un brise-vent, une piste de bobsleigh au mont Hibou devenu un développement résidentiel; les idées à l’époque de 2002 peuvent-elles inspirer une nouvelle candidature de Québec pour les Jeux olympiques d’hiver?

C’est un outil de départ. Hé! Ça avait coûté de l’argent pour faire ça», affirme René Paquet, président de la Société des Jeux d’hiver Québec 2002.

Le 18 août 1994, Paquet et l’ex-maire Jean-Paul L’Allier déposaient au président du Comité international olympique (CIO) à Lausanne, Juan Antonio Samaranch, le dossier de candidature de Québec pour les XIXes Jeux d’hiver. Quinze années après son échec cuisant du 16 juin 1995 − sept votes contre les 54 pour Salt Lake City − la Ville évalue la possibilité de tenter le coup de nouveau.

«Du neuf avec du vieux»

Dans des tiroirs oubliés ou sur des tablettes poussiéreuses, dorment maintenant des exemplaires de cette brique de trois volumes, résultat de cinq années de travail et d’une aventure de 12 M$. En quoi la démarche de 2002 pourra-t-elle guider le comité Équipe Québec de Claude Rousseau dans sa réflexion en vue de 2022 ou 2026?

Jouée avec la volonté d’exploiter des équipements existants, la candidature d’alors prévoyait des investissements de 110 millions pour livrer les 14 sites de compétitions. De cette somme, 58,6 millions devaient être consacrés à l’aménagement de divers parcours de ski alpin dans Charlevoix et à la construction côte à côte d’une piste de bobsleigh-luge et d’un tremplin de saut à ski au mont Hibou, à Stoneham.

Pour le reste, la formule de «faire du neuf avec du vieux» allait s’appliquer avec les infrastructures en place que sont le Colisée, l’anneau Gaétan-Boucher, le pavillon de la Jeunesse, le PEPS et l’aréna de Saint-Romuald. Aucun méga chantier ou autres grues dans le ciel de Québec.

«C’est quelque chose qu’on s’était souvent fait mettre sur le nez», évoque Jacques Hérisset, chargé des lieux de compétition du temps de Québec 2002.

Approches différentes

«J’aime beaucoup l’approche de Claude Rousseau», conviendra ensuite Hérisset, en référence à l’objectif d’Équipe Québec de doter la région d’infrastructures adéquates avant de recommander ou non une candidature olympique.

Autre époque, autres visées. Le seul souci majeur d’il y a 20 ans, lequel se trouvait dans une montagne apte à présenter l’épreuve de descente masculine, existe toujours pour le comité présidé par Rousseau. Aujourd’hui, deux autres priorités se sont ajoutées à la commande, soit un amphithéâtre de 400 millions et un anneau couvert pour le patinage de vitesse évalué à 57,8 millions.

Autre époque, autre pensée également. « Les Jeux (...) ne seront pas pour la Ville de Québec le prétexte à refaire ou à construire des voies d’accès puisque la ville et sa région répondent actuellement à tous les besoins liés à la venue des Jeux », lit-on dans le cahier de candidature de 2002.

«On veut profiter d'une candidature olympique potentielle pour faire investir les gouvernements dans autre chose, dont le transport en commun. Ça va bien plus loin qu'un amphithéâtre, ça va bien plus loin qu'une piste de bobsleigh», a récemment réitéré le maire Régis Labeaume, qualifiant les Jeux olympiques d’«alibi».

(QMI)