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Le bras de fer Charest - Bellemare est commencé

Poursuite en diffamation

TVA Nouvelles

C'est ce matin que le le citoyen Jean Charest s’est présenté sans garde du corps au palais de justice de Québec où il devra répondre aux questions de l’avocat de Marc Bellemare, Me Jean-François Bertrand.

« Je suis très ouvert, a assuré M. Charest à son arrivée. Je viens ici répondre aux questions, et ça fait partie du processus normal d’une poursuite au civil, que j’ai moi-même initié. »

L’exercice, qui devait se dérouler à huis clos et sans la présence d’un juge, s’inscrit en effet dans le cadre de la poursuite en diffamation intentée par M. Charest contre son ancien ministre de la Justice. « La partie défenderesse, donc M. Bellemare, a le droit de m’inviter à venir répondre aux questions, ce que je fais de bon cœur.»

M. Charest a semblé vouloir ainsi se démarquer de Marc Bellemare, qui a pour sa part affirmé qu’il ne participerait pas à la commission Bastarache.

Tout le contenu de cette rencontre devra rester confidentiel, sous peine d'outrage au tribunal. L’avocat de Marc Bellemare se servira de cet interrogatoire afin de préparer sa défense.

Selon Michel Larouche, avocat civiliste en entrevue à LCN, cette réunion est prévue à l’article 297 du code de procédure civile et permet d’explorer la demande de poursuite en diffamation ainsi que les allégations rapportées. Cette procédure est obligatoire pour toute poursuite de plus de 25 000$.

«Habituellement lors de cette réunion préparatoire, les avocats discutent entre eux au nom de leurs clients. Aujourd’hui, Jean Charest devra répondre aux questions posées par Me Jean-François Bertrand, l’avocat de Marc Bellemare», explique-t-il.

C’est la première fois que les deux hommes se rencontrent depuis les allégations de l’ancien ministre de la Justice.

Pour sa part, J. Jacques Samson, le chef des nouvelles au Journal de Québec, estime qu’on ne connaîtra pas le résultat de cette cause, si elle se rend à procès, avant au moins 2 ou 3 ans, «(…) ce qui risque d’envenimer le climat politique tant que Jean Charest demeurera premier ministre».

«C’est sans précédent dans l’histoire politique du Québec qu’un ancien ministre est poursuivi par une premier ministre», a-t-il ajouté.

C’est une poursuite de 700 000 $ que Jean Charest a intenté, après que Marc Bellemare eut déclaré avoir fait l’objet de pressions, alors qu’il était ministre de la Justice, pour la nomination de juges à la Cour du Québec de la part de collecteurs de fonds du Parti libéral.

Il avait soutenu que le premier ministre était bien au fait de ce système.

(TVA Nouvelles et Agence QMI)