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Le témoignage de Serge Ménard, minute par minute

Ottawa

Le député bloquiste Serge Ménard a témoigné cet après-midi devant le Comité de l'éthique de la Chambre des communes afin d'expliquer les allégations voulant que le maire de Laval Gilles Vaillancourt ait tenté de lui remettre 10 000$ en argent comptant pour une campagne électorale, en 1993.

DE MINUTE EN MINUTE

16h33: «Ce serait ma parole, contre une autre parole, et je n’avais aucune preuve», explique-t-il, ajoutant qu’il est «important de réaliser qu’il n’y avait pas de tentative de corruption. Je n’étais pas encore élu, et on ne m’a demandé absolument rien en échange.»

16h37: Gilles Vaillancourt aurait répondu aux objections de Serge Ménard, qui refusait le don de 10 000$ du maire de Laval: «Vous savez, une petite caisse de comptant dans une campagne électorale, ça peut être utile.»

16h38: La réaction de Vaillancourt au refus: «Je l’ai vu devenir épouvantablement rouge, la sueur lui perlait au front.» - Serge Ménard.

16h40: Confronté par un journaliste de Radio-Canada, Ménard est resté surpris. «Plus mon silence durait, plus je réalisais que j’avais donné une réponse», se souvient-il.

16h42: Informé que le reportage serait diffusé avec ou sans son témoignage, Serge Ménard a pris quelques jours pour consulter ses proches avant de décider de se confier au journaliste.

16h44: «Je savais qu’il (Vaillancourt) ne serait pas accusé, mais ma réputation, elle, serait sérieusement mise en doute. Il ne serait pas accusé, et pour bien des gens, ce serait interprété comme si c’est moi qui mentait.» - Serge Ménard

16h45: Se disant mal à l’aise, le député libéral Denis Coderre entame l’interrogatoire de Serge Ménard.

16h46: Serge Ménard n’a pas consulté le PQ lors de cet épisode, et il n’a pas entendu parler d’autres épisodes.

16h50: Denis Coderre interroge Serge Ménard sur des déclarations de l’ancien ministre péquiste Richard Le Hir, qui aurait avoué avoir accepté de l’argent comptant. Ménard affirme ne jamais avoir été au courant de cette histoire.

16h52: Sur la possibilité d’enquêter sur Laval: «On a décidé que c’était au ministère des Affaires municipales de se pencher là-dessus.» Le rapport final a été remis après le départ de Ménard du gouvernement péquiste.

16h53: Denis Coderre cède sa place à Carole Freeman, députée bloquiste.

16h58: «Ça m’aurait fait très mal. J’en suis certain. Ça aurait été une guerre épouvantable.»

16h59: «Ce n’est pas parce qu’il n’y avait rien d’illégal que ce n’était pas grave. J’ai considéré ça très grave.»

17h00: Le depute conservateur Daniel Petit entame son interrogatoire.

17h01: Petit demande à Ménard pourquoi il n’est pas allé voir des policiers. «J’étais convaincu que moins j’en parlais à personne, moins il y avait de chances que je sois confronté publiquement à ça, et que ce soit ma parole de criminaliste contre celle du maire.»

17h05: Petit questionne le député bloquiste sur les lettres qu’il a envoyées à Gilles Vaillancourt. «Il y a une chose que j’ai compris très tôt ne politique, il faut travailler avec des gens quelle que soit l’opinion qu’on a pour eux, répond Serge Ménard. Je collaborais avec le maire Vaillancourt, tant qu’il serait maire, et tant que les allégations sur lui ne seraient pas prouvées.» Il explique également que de telles lettres étaient envoyées à de nombreux fonctionnaires et politiciens.

17h07: Serge Ménard confirme qu’il n’entend pas se rétracter, malgré la mise en demeure de Gilles Vaillancourt.

17h10: Denis Coderre reprend la parole.

17h11: Coderre : «Aviez-vous peur de M. Vaillancourt?» Ménard: «C’est certain que si je le confrontais en public, oui, j’avais peur de lui. (…) Je savais qu’il allait tenter de détruire ma réputation. Pas juste nier – qu’il chercherait à questionner ma crédibilité.»

17h13: «Je ne pensais même pas en avoir parlé avec ma femme. Depuis que c’est sorti, elle m’a cependant confirmé que je l’avais mentionné, un soir.» - Serge Ménard

17h15: Steven Blaney prend la parole, citant une autre lettre au maire de Laval, dans laquelle Ménard le qualifie «d’extrêmement compétent». Le député bloquiste affirme que Gilles Vaillancourt était compétent en tant que maire, malgré les allégations qui pèsent sur lui. «Trouvez un endroit où je parle de son honnêteté», scande Serge Ménard.

17h18: Sur son refus de dénoncer Gilles Vaillancourt: «Je suis convaincu que c’était pour moi la meilleure façon d’agir.»

17h21: Carole Freeman reprend le micro, dénonçant les tentatives conservatrices de «faire avouer à mon collègue qu’il a commis un crime».

17h22: «J’ai bien senti que ça, c’était une façon de m’attirer dans une gang avec laquelle j’aurais dû composer après. J’ai dit non immédiatement.» - Serge Ménard

17h25: Serge Ménard explique une fois de plus pourquoi ce qui s’est déroulé entre le maire de Laval et lui n’est pas criminel. «Les tentatives de commettre des crimes sont des infractions. Les tentatives d’enfreindre des lois provinciales, non. (…) Allez-vous essayer de poursuivre quelqu’un pour tentative d’excès de vitesse?»

17h27: La député conservatrice Sylvie Boucher prend le relais. «On dit souvent aux femmes de dénoncer quand elles sont dans une spirale infernale. Pourquoi avez-vous une si faible estime de lui-même?» Carole Freeman dénonce la formulation, et Sylvie Boucher reformule: «Pourquoi M. Vaillancourt a-t-il eu une telle ascendance sur vous?» Serge Ménard répond en évoquant une fois de plus la bataille publique qui aurait suivi une dénonciation. «Je n’ai peut-être pas eu le courage d’affronter ça. Mais ce n’aurait pas été du courage, ça aurait été de la témérité.»

17h30: Les travaux du comité se terminent.

L'avant-témoignage

Serge Ménard affirme qu'il a immédiatement refusé cette offre, qui serait survenue lorsqu'il était candidat péquiste dans l'élection partielle à Laval-des-Rapides, en 1993.

Il a par la suite occupé divers fonctions au gouvernement, notamment ministre de la Justice et ministre de la Sécurité publique.

Sa comparution a lieu en raison d'une demande conservatrice. Il s'agira de la deuxième fois que le député commente cette affaire depuis l'entrevue qui a tout déclenché.

Le député libéral provincial Vincent Auclair a ajouté sa voix à celle de Serge Ménard, en soutenant qu'il avait lui aussi dû refuser une enveloppe du maire Vaillancourt.

(TVA Nouvelles)

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