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Des fuites dans plus de la moitié des puits

Gaz de schiste

TVA Nouvelles

Les inspecteurs du ministère des Ressources naturelles du Québec ont découvert des fuites dans 19 des 31 puits de gaz de schiste qu'ils ont inspectés.

C'est ce que dévoilent des documents du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) disponibles sur le site Internet de l'organisme.

Il s'agit de puits forés depuis 2006 dans les MRC de Lotbinière, de Bécancour et des Maskoutains. Toutefois, selon l'industrie, il n'y aurait eu aucune fuite majeure.

Sur les 19 sites concernés, 11 appartiennent à Talisman Energy, quatre à Canbriam Energy, deux à Gastem. Canadian Forest Oil et Questerre en détiennent chacun un.

Problèmes dans les bassins de rétention

Les inspecteurs du ministère des Ressources naturelles ont également constaté des problèmes dans certains bassins de rétention. Seulement huit des 31 puits visités ne présentaient aucun problème.

David Mann, vice-président aux communications chez Talisman Energy, estime qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. «C'est assez commun dans l'industrie du gaz dans l'Ouest canadien. Nous surveillons cela et nous faisons des rapports au ministère de l'Environnement», a-t-il expliqué.

Les constatations du ministères sont loin de rassurer ceux qui avaient déjà des doutes quant à la sécurité de l'exploitation des gaz de schiste. La loi en vigueur actuellement au Québec ne tolère aucune émanation de gaz.

«Depuis le début, on dit que, malheureusement, le Québec a mis la charrue devant les bœufs en délivrant des permis pour l'exploration sans connaître le sujet», explique André Bélisle, président de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique.

«Je pense que c'est clair. On avait raison: ça prend un moratoire! Il faut tout arrêter, commencer par savoir de quoi on parle et comment ça marche», ajoute-t-il.

L'Association pétrolière et gazière du Québec garde quant à elle le même discours et tente toujours de rassurer la population. «On ne s'est jamais caché pour dire que dans toute activité industrielle, il y a des risques. Par contre, ce sont des risques que l'on connaît bien et qui sont contrôlés», affirme son directeur général, Stéphane Gosselin.

«Je pense que ça nous démontre que le BAPE est en train de faire une étude rigoureuse du dossier et je pense qu'on est en droit de s'attendre à un rapport qui pourra sûrement être un guide pour l'exploitation sécuritaire du gaz naturel au Québec pour les prochaines années», ajoute M. Gosselin.

Quantité difficile à détecter

Les émanations relâchées n'atteindraient pas 1000 pieds cubes de gaz par jour, une quantité difficile à détecter, selon Michael Binnion, président et chef de la direction de Questerre.

C'est le cas du site Saint-Jean-sur-Richelieu numéro 1, inspecté par Québec. «Nous cherchons l'occasion d'abandonner ce puits. Quand nous l'avons testé, nous étions à peine capables de mesurer 8000 à 10 000 pieds cubes par jour. Et il était grand ouvert. Nous sommes sûrs que nous n'avons pas de fuite, mais des émanations naturelles», a expliqué M. Binnion.

«Beaucoup de ces émanations sont normales et naturelles depuis des millions d'années. Dans les Basses-Terres, le gaz naturel existe près de la surface. Vous connaissez la Fontaine du Diable à Trois-Rivières. Avec le gaz près de la surface, vous pouvez allumer le feu», a-t-il ajouté.

Le BAPE doit remettre son rapport sur le développement de l'industrie des gaz de schiste le 28 février prochain.

Au total, les Basses-Terres du Saint-Laurent comptent 603 forages pétroliers et gaziers.

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