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Retraite généreuse pour les députés québécois

Enquête de JE

Elsa Babaï

Les députés et ministres de l'Assemblée nationale touchent une retraite généreuse lorsqu'on la compare à celle de la moyenne des travailleurs québécois. Et les contribuables paient cher cette retraite.

Pour chaque 3,50 $ que met un député dans sa caisse de retraite, les contribuables québécois donnent 12,50 $.

Une enquête de l'émission JE révèle pour la première fois combien encaissent certains députés et ministres de l'Assemblée nationale quand ils partent à la retraite.

Ainsi, la chef de l'opposition de la Ville de Montréal, Louise Harel a droit à une rente annuelle estimée à 117 248 $. Mme Harel a été au service de l'Assemblée nationale comme députée et ministre péquiste durant 27 ans.

Le ministre libéral de la Justice, Jean-Marc Fournier, de retour en politique depuis août dernier, pourra toucher une retraite de 69 599 $ par année à partir de 60 ans pour ces 14 années de service déjà écoulées.

William Cusano, député du Parti libéral pendant 26 ans est éligible à la somme de 99 127 $ chaque année. Monsieur Cusano n'a jamais siégé au Conseil des ministres.

JE a fourni à Claire Bilodeau, professeure en actuariat à l'Université Laval et spécialiste en régime de retraite, la liste de dix anciens et actuels députés et ministres pour qu'elle calcule leur retraite. «Pour madame et monsieur tout le monde qui sont des électeurs, oui c'est généreux», affirme Claire Bilodeau.

Pour faire ces calculs, elle s'est basée sur les dispositions du régime de retraite des députés administré par la commission administrative des régimes de retraite et d'assurances. Elle a aussi suivi le parcours de chaque député.

Le régime de retraite des membres de l'Assemblée nationale présente plusieurs avantages : le député ou ministre peut prendre sa retraite dès 60 ans alors que l'âge normal est de 65 ans. Il peut aussi percevoir sa rente même s'il n'a pas atteint l'âge de 60 ans.

Mais la plus grande particularité est le crédit de rente, qui s'élève à 4 % par année alors que le travailleur moyen touche 2 %. Après 25 années de service, le député peut ainsi toucher 100 % de son salaire.

Un autre avantage est la prime de départ que touche chaque élu lorsqu'il quitte la politique. L'ex-ministre péquiste, Louise Harel, a encaissé la somme de 135 000 $ selon la Ligue des contribuables du Québec.

Le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, a reçu quant à lui près de 146 000 $ lorsqu'il a brièvement quitté la politique en 2008.

Au fédéral, les députés doivent choisir entre une prime de départ et la rente de retraite.
D'autre part, si on compare le régime de retraite des députés québécois à ceux de leurs voisins ontariens, celui des membres de l'Assemblée nationale est de loin le plus généreux.

Le régime de retraite des députés ontariens est à cotisation déterminée alors que celui des membres de l'Assemblée nationale est à prestation déterminée. La principale différence entre les deux régimes est que celui à prestation déterminée offre un revenu de retraite garanti alors que dans celui à cotisation déterminée, le revenu dépend des contributions versées et des rendements obtenus par la caisse de retraite.

La rente de retraite des députés ontariens coûte-t-elle moins cher aux contribuables ontariens que celle des députés québécois? «On peut raisonnablement s'attendre à ce que ça coûte moins cher, que le régime ontarien coûte et vaut moins cher que le régime québécois», affirme l'actuaire Claire Bilodeau.

JE a joint plusieurs anciens et actuels députés, mais personne n'a accepté de commenter ces chiffres.

L'émission JE sera diffusée vendredi à 19 heures sur les ondes du Réseau TVA.

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