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Les «trappes à contraventions» existent

Justice

Dany Doucet

Les policiers de Montréal piègent les automobilistes dans des «trappes à contraventions», a récemment conclu un juge de la cour municipale en acquittant un automobiliste.

«La cour en vient à la conclusion qu'il s'agit là d'une trappe effective», a déclaré le juge Philippe Clément, en acquittant Roger Labrecque à la cour municipale de Montréal.

M. Labrecque, 66 ans, venait de plaider sa cause après avoir écopé d'une contravention de 154 $ sur le boulevard Crémazie.

Plus d'une fois dans son témoignage, comme on peut l'entendre sur l'enregistrement dont Le Journal de Montréal a obtenu copie, M. Labrecque a fait valoir qu'il avait été victime d'une «trappe à tickets» de laquelle il n'avait aucune chance de se sortir.

«Quand je suis sorti de la salle d'audience, les gens me félicitaient en levant le pouce dans les airs», relate-t-il fièrement.

Pris au piège

Plan en mains, M. Labrecque a mis cinq minutes pour convaincre le juge à rendre son jugement sur le banc.

Le 19 janvier 2010, vers 16h45, ce retraité circulait sur le boulevard Crémazie Est après être sorti du stationnement d'un restaurant A&W.

Il y a là une voie réservée aux autobus et aux taxis, mais les panneaux ne sont pas visibles de cet endroit.

«Quand j'en ai vu un, dit-il, il y avait tellement de trafic qu'il n'y avait plus moyen de me tasser à gauche, les gens ne me laissaient pas passer.»

Dans sa Ford Escort, M. Labrecque a alors poursuivi son chemin sur la voie réservée, un autobus poussant derrière lui.

C'est un peu plus loin que des policiers l'attendaient de pied ferme.

Plusieurs policiers

Il est interdit de circuler dans une voie réservée aux heures de pointe, tel qu'indiqué sur les panneaux.

«Ils donnaient des tickets à tout le monde, un après l'autre, relate-t-il. Il y avait déjà deux ou trois voitures arrêtées et plusieurs policiers sur place. C'était un piège, dit-il, une vraie trappe à tickets