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QuébecLeaks arrive

Félix Séguin

Après avoir retardé le lancement du site Internet QuébecLeaks, ses concepteurs le mettront en ligne mercredi.

Le site espère être au Québec ce que Wikileaks est au reste du monde: un outil pour dévoiler des informations «sensibles» et exclusives.

Les fondateurs du site, qui travaillaient jusqu'ici dans l'anonymat, auront, dès mercredi, un porte-parole qui ne serait pas une figure connue du Québec.

Les seules demandes d'entrevues ont été traitées, jusqu'à maintenant, par courriel.


QuébecLeaks dérange?

Un représentant de QuébecLeaks, qui se surnomme Noam Chomsky (nom emprunté avec son accord au célèbre linguiste et pamphlétaire américain), a accordé une entrevue à TVA Nouvelles par courriel.

Dans un exercice assez bref de questions-réponses, le mystérieux «Noam» a d'abord justifié le secret entourant le lancement du site: «En fonction de ce qui s'est passé avec Julian Assange et des organisations qui enquêtaient sur nous, nous avons préféré bien nous préparer à un lancement officiel et aux conséquences que cela pourrait avoir sur notre organisation...», a-t-il écrit. «Nous savons que certaines entités puissantes du Québec tentent d'obtenir des informations à notre sujet. Nous savons que le département de la Défense nationale, la Chambre des communes à Ottawa, l'Assemblée nationale et une douzaine d'autres ministères ont enquêté sur nous. Hydro-Québec a plus directement tenté d'avoir des informations sur nous», a poursuivi ce représentant de QuébecLeaks.

Un contenu différent

Depuis 2006, Wikileaks, le grand frère de QuébecLeaks, a publié des centaines de documents confidentiels.

En 2010, la diffusion de câbles diplomatiques a ébranlé les gouvernements du monde entier dont le Canada et les États-Unis.

Selon notre interlocuteur anonyme, Québecleaks veut déranger, mais pas de la même manière: «...nous nous définissons à mi-chemin entre WikiLeaks et OpenLeaks. WikiLeaks est une organisation extrêmement politique. En contrepartie, OpenLeaks, fondé par le cofondateur de WikiLeaks qui a quitté l'année dernière, se veut totalement neutre politiquement. Nous nous trouvons entre les deux. Nous ne sommes pas intéressés par tout ce qui touche la diplomatie ou la défense nationale pour diverses raisons, mais la principale étant que, selon nous, il ne s'agit pas d'un problème au Québec. Nous ciblons certaines industries de par la situation sociale précise du Québec en ce moment: syndicats, gouvernements (provincial, municipal), les partis politiques, le domaine des ressources naturelles, le domaine de la construction, certains regroupements et ordres. D'un autre côté, nous prenons déjà quelques positions par rapport à certaines causes, dont celle des procureurs de la Couronne.»


Un lancement sans coups d'éclat

Le lancement du site qui permettra de «couler» de l'information, mais ne prévoit pas la divulgation de documents compromettants. «Seulement deux ont été retenus en étape d'analyse. Suite à l'analyse de ceux-ci par nos experts, nous avons décidé de ne pas les publier pour diverses raisons, la principale étant qu'il ne s'agissait pas de documents exclusifs, qui étaient accessibles publiquement» a confirmé l'émule de Noam Chomsky.

QuébecLeaks promet d'expliquer sur le web son processus d'analyse des documents reçus.