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Montréal carrefour du crime

WikiLeaks

Montréal est devenu le «Bangkok de l'Occident», un centre majeur d'activités criminelles, peut-on lire dans des documents rédigés entre 2003 et 2007 par des diplomates en poste au Consulat américain à Montréal, et rendus publics cette semaine par le site WikiLeaks.

Ces révélations sont contenues dans la dernière série de documents sensibles dévoilés par WikiLeaks au sujet du Canada et qui avaient été refilés par des sources anonymes.

Les diplomates ont rédigé ces documents après des rencontres avec des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et des enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Télémarketing frauduleux, piratage vidéo audacieux dans des salles de cinéma avec des caméras cachées, trafic de jeunes filles mineures, les diplomates ont décrit Montréal comme une métropole aux prises avec un monde interlope étendu.

Dans toutes les activités, un trait commun : l'implication des Hells Angels. Les diplomates ont également noté que la GRC manquait de ressources pour enquêter sérieusement sur certains crimes, ou qu'elle estimait que quelques-uns n'étaient pas prioritaires, comme le piratage de films.

Exploitation sexuelle de mineures

Un des câbles diplomatiques relatait l'utilisation répandue de jeunes mineures dans les clubs de danseuses et les activités de prostitution. Les réseaux criminels faisaient venir de l'étranger des femmes, ainsi que des mineures chinoises, russes, indiennes, afin de travailler à Montréal dans l'industrie du sexe, ainsi qu'à Ottawa, Toronto et Niagara Falls.

Des informations obtenues par des diplomates américains auprès de l'Association canadienne des distributeurs de films révèlent que 18 % de tous les films piratés vendus à travers le monde ont été enregistrés frauduleusement dans des cinémas de Montréal, entraînant des pertes de plus de 118 millions de dollars pour l'industrie canadienne du cinéma.

La GRC a arrêté un pirate vidéo à Montréal mais aurait indiqué à des diplomates américains que cette arrestation avait été faite à titre de « faveur personnelle » à un responsable de l'Association canadienne des distributeurs de films.

Télémarketing frauduleux

Les diplomates américains ont relevé aussi que des aînés américains étaient ciblés par des groupes de vente sous pression de télémarketing frauduleux basés à Montréal et Toronto, qui sont de mèche avec des fraudeurs installés aux États-Unis.

Montréal est un endroit de prédilection pour de telles arnaques, selon un diplomate, en raison de la main-d'œuvre bon marché dans les centres d'appel et le peu de réglementation.

Les pertes annuelles sont évaluées à 700 millions de dollars, a précisé un diplomate dans un câble en mars 2006, et ce sont les Hells Angels qui opèrent les plus gros centres de vente sous pression.

«Aux États-Unis, les fraudeurs par télémarketing peuvent être accusés de fraude postale, blanchiment d'argent. Au Québec, les lois sont beaucoup plus laxistes [pour ces infractions]», précise le câble diplomatique, ajoutant qu'il est plus difficile pour les policiers canadiens d'obtenir des informations sur les comptes de téléphones cellulaires aux fins d'enquête, en raison des lois québécoises sur la protection des renseignements personnels.

 

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