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Internet haute vitesse fait bondir l'emploi en région

Michel Munger
Argent

L'accès à Internet haute vitesse peut créer des milliers d'emplois en communauté rurale au Québec. La Municipalité régionale de comté (MRC) des Maskoutains, dans les environs de Saint-Hyacinthe, espère donner l'exemple.

Son Réseau Internet Maskoutain a été lancé lundi. Il s'agit du fruit des efforts concertés de la MRC, de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe, du Centre local de développement (CLD) et de l'Union des producteurs agricoles (UPA).

Le réseau peut desservir 6000 particuliers, à des prix et une performance comparables aux grandes villes. Le déploiement a été financé notamment par une enveloppe de 500 000 $ provenant du programme provincial Communautés rurales branchées, dont le budget s'élève à 24 M$.

À Nouvelle, en Gaspésie, un regroupement a permis d'offrir la haute vitesse pour 80 $ par année, un montant inclus dans le compte de taxes des citoyens.

Le Groupe de travail sur les collectivités rurales branchées estime qu'une telle initiative est cruciale pour stimuler l'économie dans les villages. Ce groupe a remis un rapport final à Laurent Lessard, ministre des Affaires municipales, en date du 14 avril dernier.

Sa trouvaille principale se trouve aux États-Unis : le branchement des 266 000 foyers privés d'Internet haute vitesse dans l'État du Kentucky générerait 3250 nouveaux emplois.

La situation est pratiquement comparable au Québec. Une fois toutes les initiatives du CRTC, des gouvernements fédéral et provincial conclues en matière d'accès à Internet, 151 000 logements québécois n'auront pas la haute vitesse. Il s'agit de 4,4% des résidences.

Prévenir des déménagements

L'impact du branchement est mesurable, indique Réjean Roy, chargé de projet pour le Groupe de travail.

«En 2009, la couverture Internet n'était pas uniforme à Saint-André-Avellin, dans le Sud-Ouest québécois, raconte-t-il. L'entreprise Équipements Lourds Papineau, qui emploie 40 personnes, était tellement désespérée pour un lien à haute vitesse qu'elle était prête à déménager à Gatineau.»

La MRC Papineau a piloté un projet de couverture par la technologie sans fil. «Le résultat, dit M. Roy, c'est qu'Équipements Lourds Papineau a pu revenir sur sa décision. Peu de temps après, son PDG disait qu'il explorait de nouvelles façons de brasser des affaires.»

Les travailleurs autonomes peuvent demeurer hors des grands centres si un réseau moderne est à leur portée, poursuit Réjean Roy. «Je connais un ingénieur en géomatique qui travaille dans un rang, précise-t-il. Maintenant qu'il est branché, il reçoit des plans assez lourds par Internet, il les analyse et les renvoie à ses clients. Son revenu est passé de quelques dizaines de milliers de dollars à plus de 150 000 $ par année.»

Le gouvernement du Québec reconnaît l'ampleur de cet enjeu. Dans son dernier budget, il prédisait qu'il aurait à miser 900 M$ d'ici 2020 pour moderniser les infrastructures technologiques. Le Groupe de travail sur les collectivités rurales branchées recommande plutôt que la question soit réglée d'ici 2015.

michel.munger@tva.ca

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