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Un nouveau défi pour Heidi Levasseur

Québec-Matane à la nage

Philanthrope ou athlète? Assurément les deux puisqu'Heidi Levasseur s'est engagée à relier à la nage Québec et Matane, du 19 juillet au 5 août prochain.

Il s'agit d'une commande de quatre à neuf heures par jour, au gré des marées descendantes et des caprices du fleuve Saint-Laurent. La nageuse de 31 ans le fait pour que des organismes communautaires des 14 villes et villages où elle accostera en retirent les bénéfices monétaires liés à son effort.

«J'aurais pu m'associer à l'Opération Enfant Soleil, par exemple, mais l'argent recueilli pour ce genre d'organisme s'en va bien souvent à Montréal. Mon but à moi, c'est de redonner directement aux régions», explique l'athlète originaire de Cap-Rouge et qui habite maintenant Trois-Rivières.

Emploi: nageuse et conférencière

Avec les conférences qu'elle donne et les marathons auxquels elle s'attaque (elle nagera durant 24 heures à La Tuque, le 1er juillet), Levasseur en a fait un boulot un peu comme lorsqu'on met sur pied une PME. Les 25 heures d'entraînement hebdomadaires requises, soit une quinzaine de séances de nage, de jogging et de musculation, l'empêchent de se consacrer à un emploi, disons-le, plus conventionnel.

Des demandes d'aides techniques ou financières ont été déposées auprès des municipalités sur son itinéraire, dont 5000$ à la Ville de Québec, afin de soutenir l'encadrement sur l'eau et sur terre.

«Je suis comme quelqu'un qui se lance en affaires, mais je veux aussi faire quelque chose d'utile à la société. Si ça débouche un jour sur un emploi, je me sens bien là-dedans», exprime Levasseur, qui voue une préférence pour les causes liées à la jeunesse et l'environnement.»

Photo: TVA Nouvelles

«Un sens à ma vie»

Plutôt que de plonger à minuit 30 du quai de Kamouraska, comme elle le fera pour une baignade de plus de neuf heures le 26 juillet, Heidi Levasseur pourrait se servir de son bagage académique pour s'adonner à d'autres idées moins tordues qu'un périple de 400 kilomètres à la nage.

Diplômée en biochimie de l'Université de Brisbane en Australie, puis diplômée en psychologie de l'UQTR, l'ex-nageuse de longue distance a éveillé d'autres besoins en elle. Celle qui fut à 16 ans la plus jeune athlète à effectuer la prestigieuse Traversée du lac Saint-Jean en 1996 a reçu un appel de l'intérieur qui l'a convaincue de reprendre du service dans l'eau en 2009. Aucun emploi obtenu après ses études ne l'interpellait autant que les brassées pour de bonnes oeuvres.

«On aurait dit que je ne me trouvais pas à ma place, que je n'avais pas d'inspiration quand je me levais le matin. J'ai décidé de donner un sens à ma vie en plus de nager pour de bonnes causes», explique Levasseur qui, en 2010, est devenue la première femme à nager la distance entre Montréal et Québec (250 km), à nager autour du lac Saint-Jean (130 km) et à faire, toujours à la nage, la descente de la rivière Saint-Maurice (165 km en trois jours).