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«Anne-Sophie et Olivier avaient droit à la vie»

Procès de Guy Turcotte

Jeudi, au palais de justice de Saint-Jérôme, le jury a été séquestré au procès de Guy Turcotte.

Les 11 jurés, sept femmes et quatre hommes, ont en effet commencé à délibérer, afin de s'entendre sur un verdict concernant le cardiologue de 39 ans. Celui-ci est accusé d'avoir tué de façon préméditée ses deux enfants, soit Anne-Sophie, 3 ans, et Olivier, 5 ans.

À la sortie de la salle d'audience, l'ex-beau-frère de l'accusé a livré quelques-unes de ses impressions aux médias. Fort ému, Patrick Gaston, le frère d'Isabelle Gaston, s'est dit certain que justice sera rendue. Il a cependant reconnu que le fait d'attendre après un verdict est très difficile pour lui et la famille.

«Anne-Sophie et Olivier avaient droit à la vie», a ajouté l'oncle des victimes. «À tous les jours, je vais m'en ennuyer», a-t-il ajouté.

Patrick Gaston a par ailleurs affirmé que les procédures judiciaires ont représenté une épreuve difficile à affronter. Il a ajouté qu'il sera important de ne jamais oublier les victimes.

«Le vide est incroyable. Le procès est terminé et j'espère qu'on va pouvoir passer à quelque chose d'autre», a conclu Patrick Gaston.

Quatre verdicts possibles

Dans ce dossier, quatre verdicts sont possibles: coupable de meurtres prémédités, coupable de meurtres non prémédités, coupable d'homicides involontaires ou non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux.

Les plaidoiries se sont achevées hier et le juge Marc David a terminé jeudi avant-midi de donner ses instructions aux jurés. Il a entre autres rappelé que pour déclarer Turcotte coupable de l'accusation la plus grave - qui l'enverrait au pénitencier à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans -, la poursuite devait les convaincre hors de tout doute raisonnable qu'il avait prémédité les crimes et qu'il était conscient de ses actes.

Hier, la procureure de la Couronne Claudia Carbonneau a plaidé pendant moins de deux heures. L'avocat de la défense, Pierre Poupart, avait quant à lui pris quatre jours pour effectuer le même exercice.

Si l'intention de tuer et la préméditation sont écartées mais que la défense de troubles mentaux n'est pas assez probante pour un verdict de non-responsabilité criminelle, ils devront opter pour celui d'homicide involontaire.

Lors du procès, l'accusé a admis avoir tué ses enfants en les poignardant à répétition, le soir du 20 février 2009, à Piedmont, dans les Laurentides. Il ne peut donc pas être acquitté, purement et simplement.

La défense soutient cependant que Turcotte ne pouvait pas formuler l'intention criminelle de commettre ces meurtres en raison des effets combinés de sa maladie mentale (trouble d'adaptation avec anxiété et humeur dépressive), de sa crise suicidaire déclenchée par sa séparation avec son ex-conjointe, l'urgentologue Isabelle Gaston, et de son intoxication au lave-glave (méthanol).

La Couronne plaide plutôt que Turcotte a planifié les gestes horribles qu'il a commis et qu'il avait toute sa tête, malgré son désordre mental. Il aurait agi sous l'impulsion de la colère, par représailles envers la mère des victimes qui venait d'entreprendre une nouvelle relation avec un ami du couple.

Turcotte a refusé de payer pour les funérailles de ses enfants

Comme dans tout procès, plusieurs informations n'ont pas été publiées en attendant que le jury soit séquestré, afin de ne pas influencer ces derniers. Entre autres, il a pu être révélé suite à la séquestration du jury que Guy Turcotte avait refusé de payer pour les funérailles de ses enfants.

TVA Nouvelles a eu la confirmation de cette nouvelle. Dans une lettre datant du 4 août 2009 adressée à sa femme Isabelle Gaston, le médecin affirme que pour le coût des funérailles, il est prêt à en payer la moitié, voire la totalité.

«Je n'ai jamais refusé de payer quoi que ce soit pour mes enfants. Et c'est encore le cas», ajoute-t-il dans la missive. Or, la mère a confirmé à TVA Nouvelles que Guy Turcotte a refusé de payer pour ces funérailles.

Par ailleurs, il a été dévoilé que le juré numéro 5, expulsé en plein procès pour cause de partialité, avait affirmé que l'accusé était un «maniaque qu'il ne faut pas laisser dans la rue».

 

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