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Un registre québécois des armes à feu?

Armes d’épaule

Le gouvernement Charest augmentera la pression sur le fédéral à l'automne si Ottawa va de l'avant avec son projet de loi pour abolir le registre des armes d'épaule. Le gouvernement envisagerait même de créer son propre registre des armes à feu.

Pour le moment, le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a demandé à ses fonctionnaires d'analyser l'impact du registre des armes à feu depuis sa création en 2003 afin de savoir si le registre est lié aux baisses des suicides et de la criminalité. Il a commandé des études à cet effet.

L'objectif de Québec est de mettre de la pression sur Ottawa afin que le gouvernement Harper recule et maintienne le registre des armes d'épaule.

Selon les dernières statistiques en date du 30 juin 2010 au Québec, il y a 1,6 million d'armes d'épaule enregistrées - 94% des armes -, 57 268 armes de poing et 33 072 armes prohibées pour un total de plus de 1,7 million d'armes.

Les statistiques montrent également que le registre des armes à feu est consulté quotidiennement à 710 reprises par les policiers québécois et 11 000 fois dans tout le pays.

«Le fait que le policier sache avant d'arriver sur les lieux qu'il y a des armes à feu dans la maison fait en sorte qu'il doit adapter, ou du moins moduler, son intervention», a soutenu le président de l'Association des policiers provinciaux Pierre Veilleux, en entrevue avec TVA Nouvelles.

L'APPQ soutient que la Sûreté du Québec détient déjà un système informatique qui permettrait sans grandes modifications de prendre le relais du registre fédéral.

Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu croit qu'il faut maintenir le registre pour les armes de poing, mais concernant les armes d'épaules utilisées par les chasseurs, il émet des réserves.

«À peine 2% des homicides ont été commis avec des armes de chasse. Et 97% des armes saisies au Canada dans les groupes criminalisés sont des armes illégales ou non enregistrées, donc de croire qu'un registre québécois des armes à feu aurait un impact, c'est une fausse prétention, et de croire qu'il y aura une baisse dans les homicides et les suicides, cette courbe-là est commencée depuis 1979.»

M. Boisvenu ajoute que la problématique c'est plutôt «les armes blanches, les armes de poing avec lesquelles sont commis 35% des homicides, des assassinats. C'est là qu'il faut intervenir beaucoup plus que dans les armes de chasse.»

 

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