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Blanche-Neige met le Québec au travail

Photo : Reuters

Simon Lord
Argent

Julia Roberts est en ville. La production Blanche-Neige, dans laquelle elle joue le rôle de la méchante reine, engage des milliers de professionnels, dépense des dizaines de millions de dollars et fait affaires avec une foule d’entreprises québécoises.

A&R Brochu Construction, entreprise familiale basée sur la Rive-Sud, est responsable de la construction des décors du film. Elle œuvre aussi dans le domaine résidentiel et commercial.

« Nous avons bâti un village dans une forêt, une salle de bal et la cuisine du château, entre autres. Nos employés aiment travailler pour nous, car il y a toujours du nouveau », dit Réjean Brochu, vice-président. Le décor aurait d’ailleurs ébloui Mme Roberts.

L’entreprise travaille dans le milieu depuis 1969. Son premier film, pour ceux qui s’en souviennent : Deux femmes en or.

Blanche-Neige représente la moitié du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise. « On a un gros contrat par année. En 2011, c’est celui-là. L’an dernier c’était le film Immortals », explique M. Brochu. La firme a obtenu huit contrats depuis le début de l’année.

Plus de 65 personnes travailleront sur ce projet chez A&R Brochu Construction à temps plein jusqu’en août, pour une période totale de six mois. « Normalement nous avons une équipe de 20 à 30 personnes », dit le vice-président.

« Nous avons des travailleurs que nous rappelons lors de la saison forte, souvent à la dernière minute, car les producteurs nous donnent des contrats un mois à l’avance », ajoute M. Brochu.

Plus d’emplois qu’une PME

Pour pouvoir profiter des crédits d’impôt offerts aux producteurs étrangers, qui totalisaient 49 M$ en 2010, ces derniers doivent louer de l’équipement et engager des gens dans la province. Et ils le font systématiquement.

Environ 80 M$ du budget total de 130 M$ sauront dépensés au Québec d’ici la fin du tournage en septembre, selon des chiffres du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ).

La production du film Blanche-Neige permet de créer ou maintenir l’équivalent de 1240 emplois à temps plein. C’est plus que le Réseau de transport de Longueuil, Merck ou Novartis.

« Ça génère beaucoup d’activité, c’est certain », indique Hans Fraikin, Commissaire national au BCTQ.

Il neige en juillet

L’entreprise Productions de l’Intrigue profite aussi grandement de la venue de Blanche Neige. « Ce film, c’est 40 % de mon chiffre d’affaires annuel. Ça fait travailler 20 de mes hommes pendant six mois. Et ce sont de bons emplois, très spécialisés. Je mets jusqu’à cinq ans à former un employé », dit Louis Craig, propriétaire.

La firme est responsable des effets spéciaux mécaniques, comme la neige, les feux de foyer, ainsi que de la fabrication de certains accessoires, comme des armes rétractables ou meubles destinés à être brisés.

Le film fait aussi vivre une panoplie de traiteurs, d’hôtels, de restaurants, de services d’hélicoptère, de chauffeurs, d’appartement de haut luxe (dans le Vieux-Montréal, entre autres), des agences de figuration, et toute la panoplie de métiers du cinéma.

Les firmes de postproduction ne sont pas encore connues, mais les firmes du Québec, comme Hybride Technologies, à Prévost, sont reconnues internationalement.