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Déluge du Saguenay: 15 ans déjà

Déluge du Saguenay

Jean Houle | TVA Nouvelles

Ceux qui ont vécu le déluge de 1996 se souviennent sans doute parfaitement ce qu'ils faisaient à cette heure précise, le 19 juillet 1996.

15 ans après le désastre, le Saguenay et le gouvernement du Québec ont tiré beaucoup de leçons de ce tragique événement.

Les comités de bassins versants des Lac Kénogami, des rivières Chicoutimi et Aux Sables, ont dressé le bilan des mesures mises en place pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise.

15 ans et 45 millions de dollars plus tard, les moyens ont été mis en place pour éviter de telles visions d'horreur...

«On est beaucoup mieux armé aujourd'hui», lance Paul Ruel, le président du comité du bassin du lac Kénogami et des rivières Chicoutimi et aux Sables. «Maintenant, on est capable de prévoir les seuils d'inondations et les précipitations. Ce qui s'est passé en 1996 n'aurait jamais la même ampleur.»

Depuis 1997, la gestion du Lac Kénogami est différente. Il est même décrit comme le réservoir le mieux outillé du Québec contre les inondations. Il est celui qui compte le plus de stations mesurant les précipitations et le débit des rivières à proximité.

«On est capable de faire des simulations six jours à l'avance avec les prévisions des apports en eau et le débit des rivières avoisinantes", affirme Andrée Bilodeau, du Centre d'expertise hydrique du Québec. "Notre système prévisionnel est très efficace.»

À lui seul, le barrage Portage des Roches, à Laterrière, à une trentaine de kilomètres du Lac Kénogami, a nécessité des travaux de 12.5 millions de dollars, entrepris en mai 2010, et qui seront complétés l'an prochain. En 1996, un chariot-treuil devait lever les 13 vannes une à la fois.

«C'était beaucoup trop long», note Hélène Tremblay du Centre d'expertise hydrique du Québec. «Quand les travaux seront terminés, on n'aura qu'à peser sur un bouton pour que les treize vannes s'activent en même temps. Il y aura aussi un système en cas de panne électrique.»

Près de 15 millions dans le secteur de la Rivière-aux-Sables, dont une première phase pour la réfection du Pont Pibrac, rue St-Dominique. Le pont et une bonne partie des berges avaient été emportés en juillet 96.

«Les travaux de creusage feront quadrupler la capacité d'absorption de la rivière aux Sables», dit Anick Madon, du ministère des Ressources naturelles et de la Faune. «Ça va donner plus d'options au gestionnaire du lac Kénogami.»

Autre amélioration: les communications. Le service de sécurité publique est branché sur les données du centre d'expertise hydrique. Un système d'alerte téléphonique est activé dès que le niveau de l'eau approche le seuil d'inondation minimal.

«Aviser le citoyen le plus rapidement possible», selon Christian Fillion, du service des incendies de la ville de Saguenay. «Le plan d'urgence est d'ailleurs appliqué dans d'autres circonstances. Si on doit évacuer des personnes en raison d'une panne d'électricité, par exemple, on déploie le volet hébergement de notre plan.»

La possibilité d'un barrage sur la rivière Pikauba avait été soulevée les mois suivants le déluge, mais Québec semble peu intéressé à un projet de 200 millions de dollars.