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Mariage d'antan aux Fêtes de la Nouvelle-France

Québec

Une autre première a été présentée, samedi, aux Fêtes de la Nouvelle-France : un véritable mariage religieux sur le parvis de l'église Notre-Dame-des-Victoires, où un jeune couple passionné d'histoire voulait vivre leur alliance selon les coutumes de l'époque.

Pour le meilleur et pour le pire, Simon Lemelin et Amélie-Anne Blais, un couple de producteurs laitiers de La Durantaye, se sont unis devant quelques centaines de curieux, réunis à la place Royale, samedi matin.

Le curé Denis Bolduc avait fait plusieurs recherches pour retrouver les différents rituels du passé et célébrer fidèlement un mariage du XVIIIe siècle. C'était la première fois en 155 ans qu'une union n'avait pas été célébrée selon cette forme à Québec.

Comme l'a expliqué le curé au début de la cérémonie, le mariage n'était pas une reconstitution théâtrale, mais une copie conforme du rituel du Canada français établi en 1703. Par exemple, une bonne partie du mariage a été récitée en latin et les mariés étaient appelés des contractants. L'archevêque de Québec a même dû donner son autorisation pour que la célébration ait lieu sous cette forme et sur le parvis de l'église.

Fidèles amateurs des Fêtes de la Nouvelle-France, les deux mariés étaient ravis du déroulement de la cérémonie. « On est des passionnés des coutumes d'autrefois. De pouvoir souligner notre union avec cette passion, c'est extraordinaire », a indiqué la mariée, quelques instants après le «Oui, je le veux».

L'idée mijotait depuis l'automne passé. Même s'il ne s'agissait pas du plus intime des mariages, les nouveaux époux disaient savoir à quoi s'attendre et expliquaient être heureux de pouvoir faire revivre des coutumes d'autrefois. Il était d'ailleurs assez comique de voir des proches du couple tout émus, entourés de festivaliers déguisés en truands ou en pirates.

Histoire de mousquetaires

Faisant partie des fêtes pour la première fois, les mousquetaires ont su offrir un spectacle plus qu'intéressant au parc de l'Artillerie. Ceux qui seront encore à l'œuvre dimanche en ont beaucoup à dire sur l'histoire méconnue des mousquetaires à Québec, et surtout sur la façon de manier l'épée.

Pratiquant l'escrime ancestrale depuis plusieurs années, ces athlètes de la Confrérie des Mousquetaires de Terrebonne présentent des combats qui n'ont rien de simulé. Bien que leurs démonstrations soient accompagnées de quelques explications historiques, lorsqu'ils se mettent à se battre, le spectacle est franchement impressionnant. Évidemment, l'auteur de ces lignes a voulu tenter l'expérience, mais a réalisé que sa performance n'aurait pas aidé ces escrimeurs de l'époque à survivre longtemps.

Plusieurs sont étonnés de l'apprendre, mais il y a bel et bien eu des mousquetaires à Québec. Leur passage a été bref, à la fin du XVIIe siècle. Pierre-Luc Lavallée, professeur à la Confrérie des Mousquetaires, a pris le temps d'expliquer cet épisode de l'histoire.

«On ne les appelait pas les mousquetaires, c'était la garde du Marquis de Tracy. Il était le lieutenant-gouverneur des Amériques, et avait comme mandat d'exterminer les Iroquois. Après que ces derniers eurent refusé de signer le Traité de Paix avec le Marquis, ils ont assassiné et capturé des membres de sa famille», a-t-il expliqué.

Le Marquis a ensuite répondu en exécutant plusieurs Iroquois tenus prisonniers et le roi de France a envoyé 24 de ses propres mousquetaires pour protéger le Marquis en raison de ces conflits avec les Iroquois.

À surveiller dimanche

Le grand rassemblement de Place Royale à 15 h 30 est présenté comme un incontournable pour cette dernière journée des fêtes. Surtout en raison du fait qu'une potence a été érigée pour susciter quelques mystères. Néanmoins, un brin de jasette avec les mousquetaires et la présentation des tirs au canon, au parc de l'Artillerie, valent le détour.