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Bernard Drainville ressuscite le «référendum d'initiative populaire»

Après des consultations publiques

Impuissant devant la crise qui secouait son parti, le député Bernard Drainville a lancé sa propre consultation au cours de l'été. «Ce que les gens m'ont dit là-dedans - et ils ont été plus de 1,000 à me le dire - c'est qu'ils sont totalement désabusés de la politique», explique le député de Marie-Victorin. Entre la mi-juillet et la mi-août, le député péquiste dit avoir reçu un millier de messages comportant des suggestions de la population.

«Si le Parti québécois redevient pas le parti du vrai monde comme on l'a déjà été et c'est ce que les gens m'ont dit là-dedans, le Parti québécois ne passera pas au travers.» Le député Drainville met aussi le doigt sur ce qui a déclenché la vague de démissions au PQ: le fait que la chef ait voulu imposer la ligne de parti plutôt qu'un vote libre sur le projet de loi sur l'amphithéâtre de Québec.

"La sacrée ligne de parti, voulez-vous, s'il vous plaît, lâcher ça deux minutes? Voulez-vous jouer votre rôle de député et nous représenter quand on vous parle plutôt que de représenter le parti chez nous?"

10 solutions

Il propose dix solutions pour que le PQ redevienne le parti du citoyen. Parmi celles-ci: élection du premier ministre au suffrage universel, la tenue d'élections à date fixe et des référendums d'initiative populaire.

Prenant le contrepied de la stratégie officielle du «moment jugé opportun», dûment votée au congrès d'avril, le député péquiste Bernard Drainville privilégie le «référendum d'initiative populaire» qui permettrait aux citoyens d'avoir «les deux mains sur le volant».

«L'État québécois doit disposer d'un processus de référendums d'initiative populaire (...). Les citoyens seraient autorisés, dans un cadre défini par le Directeur général des élections, à ouvrir un registre pour demander la tenue d'un référendum, l'objectif étant d'obtenir la signature de plus de 15% (par exemple) des électeurs inscrits», a écrit le député de Marie-Victorin dans un document synthétisant les résultats de ses consultations publiques estivales.

Si le taux de 15% donné comme exemple est atteint, le gouvernement du Québec serait obligé de convoquer les électeurs en déclenchant «automatiquement» un référendum sur le sujet avancé par les citoyens.

Cette stratégie aurait «l'avantage de permettre aux élus souverainistes de se recentrer sur l'essentiel, de cesser de débattre de la date du prochain référendum et ainsi de sortir de l'attente du "grand soir"», a précisé M. Drainville. Les référendums populaires ne toucheraient pas uniquement la souveraineté. Ainsi, la commission d'enquête sur l'industrie de la construction, voulue par 80% des sondés, aurait pu voir le jour grâce à cette technique, croit M. Drainville.

L'élection d'un premier ministre au suffrage universel permettrait aux citoyens de ne plus élire leur chef politique «par la bande». La tenue des élections à date fixe annulerait les « calculs partisans » dans le choix de la date de déclenchement du scrutin (prérogative exclusive du premier ministre). Le scrutin devrait avoir lieu les dimanches, au lieu des lundis, pour garantir une plus grande participation électorale, croit Bernard Drainville.

Le mode de scrutin devrait par ailleurs changer. Sans se prononcer sur sa préférence, le député péquiste admet que le mode proportionnel est revenu le plus souvent dans les propositions citoyennes.

Limiter la ligne de parti

Bernard Drainville propose également de réduire de façon drastique la ligne de parti. En allusion au projet de loi 204 qui a suscité beaucoup de brasse-camarade dans son parti, il écrit ceci. « La trop grande partisanerie qui afflige la période des questions à l'Assemblée nationale puise aussi sa source dans la fameuse ligne de parti qui rebute tant de Québécois, signale-t-il. Et ça, c'est la responsabilité des partis et des élus. Pas des institutions. Je suis bien placé pour le savoir : la crise que nous vivons présentement au sein du PQ est en partie causée par la rigidité de la ligne de parti. »

L'Action démocratique du Québec (ADQ) a immédiatement réagi pour constater que sept des dix suggestions de Bernard Drainville figuraient, noir sur blanc, dans le programme de l'ADQ.L'ADQ, la PQ réagit

De retour d'une tournée du Québec, le chef de l'ADQ sourit aux solutions Drainville.

«Que ce soit le premier ministre élu au suffrage universel, que ce soit le rappel de députés, que ce soit le vote libre à l'Assemblée nationale, que ce soit des élections à date fixe, ça fait des années qu'à l'Action démocratique, on défend ça. Tant mieux que monsieur Drainville se fasse dire ça par les Québécois!» déclare Gérard Deltell.

Enfin, au PQ, on rejette une partie des déboires sur les médias.

«Le spectacle est bon, c'est vendeur. Est-ce que c'est vraiment représentatif de ce qui se passe dans l'opinion publique? Eventuellement, vous savez, l'effet Hygrade, à force de le dire et d'avoir des sondages, les gens finissent par le croire. Nous, on va devoir renverser ça», ajoute le député Yves-François Blanchet.