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Les Québécois voudraient des syndicats plus transparents

Sondage

Les travailleurs québécois souhaitent que les centrales syndicales soient plus transparentes et qu'elles utilisent mieux leurs contributions financières, selon un sondage de l'association Infotravail.

Cette étude, obtenue en exclusivité par l'Agence QMI, a été réalisée au cours du mois de juillet auprès de 1001 travailleurs canadiens, dont 250 Québécois.

Elle indique que près de 95 % des travailleurs québécois interrogés estiment que les syndicats devraient être obligés de divulguer leur situation financière régulièrement. La même proportion de répondants souhaiteraient également avoir accès au bilan financier de leur syndicat, pendant un processus de syndicalisation.

Le tiers des syndiqués sondés déclarent que les contributions qu'ils versent à leur syndicat sont mal dépensées.

Une majorité de travailleurs, soit 85,3 % des répondants, ne sont pas d'accord avec l'idée qu'un syndicat verse des contributions financières à un parti politique.

De même, presque autant de répondants (82 %) sont opposés à ce que leur syndicat utilise leurs contributions syndicales pour financer des publicités négatives envers des partis politiques et 71 % désapprouvent l'idée que leurs contributions syndicales puissent servir à soutenir un groupe de pression qui n'a pas de liens avec leur secteur d'activité.

Le syndicalisme en mutation au Québec?

Les données compilées dans l'étude d'Infotravail montrent que la perception des Québécois envers le syndicalisme a évolué, même si le taux de syndicalisation demeure important dans la province.

Plus de 38 % des répondants déclarent occuper un emploi syndiqué au Québec. Il s'agit du niveau le plus élevé au pays puisque la moyenne canadienne est inférieure à 32 %.

Cela dit, occuper un poste syndiqué ne semble pas être un objectif à atteindre pour la plupart des travailleurs sondés, puisque 85 % des travailleurs non syndiqués ne sont pas intéressés à le devenir. Même chose, d'ailleurs, chez les répondants qui occupent un emploi syndiqué. Plus de la moitié (54,4 %) affirment qu'ils préféreraient ne pas être syndiqués s'ils en avaient le choix.

Toutefois, la plupart des Québécois qui ont répondu au questionnaire, soit 51,3 %, croient que les centrales syndicales sont aussi importantes que par le passé. Moins de 42 % des sondés répondent que les syndicats sont moins importants qu'autrefois.

Revoir les règles

Quelques règles bien établies dans le monde syndical sont remises en question par les travailleurs qui ont répondu à l'étude d'Infotravail. Le mode de scrutin et les lignes de piquetage font notamment l'objet de critiques.

Plus de 88 % des répondants québécois estiment que le scrutin secret devrait être utilisé lors des votes portant sur la création ou la dissolution d'un syndicat.

Actuellement, un syndicat est en voie d'être formé quand de 35 % à 50 % des employés visés ont signé une carte de membre. Dans le cas d'une dissolution, les employés doivent faire circuler une pétition et récolter un nombre de signatures qui correspond à 50 % des voix plus une.

Une majorité de travailleurs syndiqués manifestent par ailleurs le souhait d'obtenir le droit de traverser une ligne de piquetage lors d'une grève. Plus de 72 % des répondants estiment que les travailleurs devraient avoir le droit de franchir une ligne de piquetage pour manifester leur désaccord envers leur syndicat.

 

 

 

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