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Pourquoi se passer du gaz de schiste ?- Lucien Bouchard

Photo : Reuters

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Il faut que les Québécois exploitent tout le potentiel énergétique de la province, dont le gaz de schiste, estime le président de l'Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), Lucien Bouchard.

M. Bouchard, qui était de passage vendredi au congrès de la Fédération des chambres de commerce, à Victoriaville, a même établi un parallèle avec l'hydroélectricité.

« Pourquoi on se priverait de développer une ressource présente dans notre sol? C'est une décision qu'on devra prendre comme celle prise pour le développement de l'hydroélectricité », a-t-il dit.

M. Bouchard a expliqué que le gaz de schiste est en fait du gaz naturel et que la seule particularité qui le caractérise réside dans le procédé d’extraction.

Il a indiqué qu’il comprenait les inquiétudes de la population sur le sujet. Les scientifiques prendront le temps nécessaire pour étudier ces inquiétudes et apaiser les craintes de la population, a-t-il ajouté.

« Si les constats positifs se confirment, les gouvernements, y compris le nôtre, devront dicter une réglementation imposant les pratiques les plus sûres et les mieux éprouvées pour garantir l'intégrité du système aquifère. »

M. Bouchard a aussi dit qu’il était conscient que le gaz naturel n'est pas une ressource renouvelable, ajoutant que, par contre, il représente un net avantage sur le pétrole et le charbon pour la réduction des gaz à effet de serre. Il a mentionné, notamment, l'apparition de véhicules moteurs fonctionnant au gaz naturel. Pour lui, le gaz naturel est une énergie de transition vers des énergies renouvelables qui seront à notre disposition dans les prochaines années.

Selon Lucien Bouchard, le Québec ne peut pas se permettre de mettre de côté une source de redevances qui permettra de financer de nombreux programmes gouvernementaux.

« Actuellement, il y a des milliers de puits exploités dans le monde. Chez nous, lorsque le temps sera venu, il nous faudra décider si nous sommes capables d'en arriver à des conclusions qui nous permettent de profiter de cette ressource », a-t-il dit.

Un partenariat avec l’État

Lucien Bouchard souhaite que des investissements publics se joignent à ceux du privé pour le développement des futurs puits de gaz et de pétrole au Québec.

« Je peux vous dire, comme président de l'Association, qu'un grand nombre d'entreprises gazières et pétrolières considéreraient comme bienvenue l'entrée en scène de l'État québécois comme partenaire dans l'investissement du capital et des bénéfices qui en découleront. »

Il propose par ailleurs de financer la recherche et la mise au point d’énergies durables et renouvelables avec une partie des bénéfices liés à l'exploitation du gaz et du pétrole québécois.

La Fédération des chambres de commerce du Québec a appuyé les propos de M. Bouchard.

« L'opportunité offerte aux Québécois de s'enrichir collectivement doit être une variable importante dans l'équation qui servira à décider si le Québec doit exploiter ou non ses ressources pétrolières et gazières », a déclaré Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la FCCQ.

La Fédération poursuit son congrès jusqu'à dimanche à Victoriaville.