/news/homepage

Abolition et destruction du registre d'armes

Les Conservateurs déposent le projet de loi

Si le projet de loi C-19 déposé mardi aux Communes est adopté - ce qui devrait être le cas, puisque les conservateurs sont majoritaires - les provinces qui auraient souhaité prendre la relève devront revenir à la case départ.

En vertu de ce projet de loi, les informations colligées depuis que le registre est né, il y a 15 ans, dans la foulée du massacre de l'École Polytechnique, devront en effet passer dans la déchiqueteuse. Cette nouvelle disposition a enflammé les partis d'opposition.

Les conservateurs promettent depuis plusieurs années d'abolir le registre des armes de chasse et ont à maintes reprises échoué dans leur tentative, lorsqu'ils formaient un gouvernement minoritaire. Stephen Harper considère le registre coûteux et inéfficace

Selon les conservateurs, le registre ne ciblait pas «les vrais criminels», mais plutôt les «chasseurs de canards».

«Ce registre ne sert pas à lutter contre la criminalité», a affirmé Maxime Bernier, député conservateur de la Beauce. «Il est inutile. Nous allons le détruire parce qu'il ne répond pas à l'objectif premier de notre gouvernement, c'est à dire de lutter contre la criminalité.»

Cette initiative a notamment été décriée par les associations de policiers, des groupes préoccupés par le contrôle des armes à feu et le gouvernement Charest.

«C'est une claque en pleine face. C'est simplement dire au Québec, on s'en fout», s'indigne Françoise Boivin, députée néodémocrate de Gatineau. «Ils disent "nous on l'aime pas le registre et si on nous s'en sert pas, il n'y aura personne d'autre qui va s'en servir." On va repartir à zéro, alors que les Québécois et les Canadiens ont payé pour ce registre-là», a-t-elle lancé.

Françoise Boivin, députée néodémocrate de Gatineau (Photo: TVA Nouvelles)

La députée d'Ahuntsic du Bloc québécois, Maria Mourani, a pour sa part été jusqu'à dire que le gouvernement Harper se conduit en «dictateur». Les conservateurs «se sont fait élire sur l'abolition du registre et non pas sur la destruction des données», a-t-elle souligné.

Pour le député libéral de Westmount-Ville-Marie, Marc Garneau, ce projet de loi démontre que les conservateurs sont «idéologiques», puisqu'ils font fi du fait que les policiers au pays consultent le registre «11 000 fois par jour».

Le député conservateur de Beauce et ministre d'État au Tourisme et à la Petite Entreprise, Maxime Bernier, a défendu le projet de loi en qualifiant le registre d'«inutile». «Une politique gouvernementale doit être évaluée selon ses effets et non pas selon ses intentions, a-t-il justifié. Il y a quelques années, on avait peut-être de bonnes intentions en mettant sur pied un registre, mais maintenant on s'aperçoit que ce registre-là ne sert pas à lutter contre la criminalité.»

Le ministre canadien de la Sécurité publique, Vic Toews, a pour sa part indiqué que ce projet de loi était le « début d'un nouveau chapitre » pour son gouvernement, qui a tenté à maintes reprises d'abolir le registre lorsqu'il était minoritaire.

Québec veut le conserver

Le ministre de la Sécurité publique du Québec, Robert Dutill, a réitéré le souhait de la province de conserver le registre.

Il n'a cependant pas voulu s'avancer sur la possibilité que Québec se dote de son propre registre, d'autant plus que le projet de loi rendra impossible le transfert de données aux provinces. «C'est sûr que là, le coût n'est pas le même, a indiqué M. Dutill. Il faudra voir les options.»

La Coalition pour le contrôle des armes, qui comprend des policiers, des groupes de femmes et des experts en santé publique, a quant à elle qualifié le projet de loi C-19 de «retour en arrière».

Le projet de loi sera maintenant étudiée au cours des prochaines semaines en comité parlementaire.

Dans la même catégorie