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Front commun à Québec contre Ottawa

Registre des armes d'épaule

Les députés de l'Assemblée nationale ont adopté à l'unanimité une motion contre le gouvernement fédéral afin d'éviter la destruction des données figurant au registre canadien des armes d'épaule qui sera aboli. Une décision «inacceptable» d'Ottawa selon Jean Charest. «Le bon sens indique que si les données existent, elles peuvent aider à sauver des vies. On devrait les préserver.»

«Il n'y a pas de raison de les détruire... ça n'a pas de sens», s'est insurgé le premier ministre. Ce dernier répondait aux questions de la chef péquiste Pauline Marois, qui lui a demandé d'aller plus loin que l'envoi d'une lettre à Ottawa. Jean Charest a déclaré qu'il allait examiner «tous les moyens, tous les recours qui sont disponibles pour préserver cette information».

«On a payé pour, on l'a mis en place, l'investissement a été fait, l'information sert aux corps policiers. Ce n'est pas comme s'ils nous disaient qu'ils ne s'en servent pas et que c'était complètement inutile (...) Ils nous disent que ça sert justement dans leur travail à eux. Il me semble qu'il y a là-dedans une logique implacable», a ajouté le premier ministre du Québec

Une lettre à Ottawa

Le ministre des Affaires intergouvernementales, Yvon Vallières, et celui de la Sécurité publique, Robert Dutil, ont fait parvenir une lettre au ministre fédéral de la Sécurité publique Vic Toews.

«Nous demandons à votre gouvernement de modifier ce projet de loi afin d'y retirer les dispositions relatives à la destruction des données et d'entreprendre dans les meilleurs délais des discussions visant le rapatriement par le Québec des données concernant les citoyens québécois contenues dans le registre des armes d'épaule», peut-on lire dans la lettre.

«Le registre d'armes d'épaul est composé de données, les données sont le registre et nous allons détruire le registre», a rétorqué  le député conservateur Maxime Bernier­. «C'est écrit dans le projet de loi, oui, c'est ce que nous allons faire.»

Motion unanime

Le Parti québécois a déposé une autre motion jeudi matin - la quatrième depuis 2006 - exigeant le «maintien intégral du Registre canadien des armes à feu». La motion, qui a été adoptée à l'unanimité, réaffirme la position du Québec et précise que les parlementaires «se prononcent formellement contre le projet de loi C-19, notamment en ce qui a trait aux dispositions touchant la destruction des données existantes».

«C'est le jour de la marmotte... J'ai l'impression d'avoir déjà joué dans ce film-là. Ça va prendre combien de motions? C'est ça le fédéralisme d'ouverture?», s'est interrogé le député péquiste Stéphane Bergeron.

«Les Québécois ont payé pour ça. Ces données-là leur appartiennent», a renchéri l'adéquiste Sylvie Roy.

Le député de Québec Solidaire, Amir Khadir, est allé encore plus loin en demandant au ministre de la Sécurité publique d'emprunter la voie des tribunaux. «Qu'il demande une injonction!», lui a-t-il lancé. Il demande aussi aux Québécois de mettre de la pression sur les députés conservateurs au Québec. «Appelez vos députés, les députés conservateurs, rappelez-leur combien c'est important pour le Québec!»

De toute évidence, le temps presse puisque le vote aura lieu plus tôt que prévu. Le débat sera écourté sur la question aux communes à Ottawa. «Message aux provinces voulant protéger et rapatrier les données du registre des armes à feu. Dépêchez-vous j'entends déjà les déchiqueteuses», a lancé le député libéral fédéral Denis Coderre sur son compte Twitter jeudi matin.