/news/homepage

Les Québécois veulent du changement

Seul Duceppe peut battre Legault

Seul Gilles Duceppe pourrait empêcher François Legault de prendre le pouvoir. Personne ne pourrait faire mieux. Pauline Marois et Jean Charest seraient littéralement taillés en pièces par l'ex-chef du Bloc québécois.

Aux commandes du PQ, Gilles Duceppe battrait un parti dirigé par François Legault avec 37 % des intentions de vote et deviendrait le prochain premier ministre du Québec, indique un sondage Léger Marketing/Agence QMI réalisé pour le compte de l'émission Larocque-Lapierre.

Gilles Duceppe s'avère être l'unique planche de salut du PQ. Son arrivée à la chefferie ferait dégringoler M. Legault en seconde place, tout juste devant le Parti libéral du Québec, qui obtiendrait 21 % des suffrages.

« Ce que ça dit, c'est que le seul scénario où on est en mesure de faire bouger l'échiquier politique, c'est celui où Gilles Duceppe prend la barre du PQ », analyse Christian Bourque, vice-président chez Léger Marketing.

Semaine dramatique

La semaine dernière a été dramatique pour Pauline Marois, qui a dû réaffirmer son désir de demeurer à la barre du PQ à la suite d'une mutinerie de plusieurs de ses députés qui souhaitent sa démission. Plusieurs craignent de perdre leur siège si la vague Legault se concrétise. C'est d'ailleurs ce que montrent les sondages.

Si Mme Marois s'accroche et demeure chef, le PQ termine bon troisième, derrière le PLQ, et laisse le champ libre au parti de son ancien collègue Legault pour former le prochain gouvernement avec 40 % du vote francophone.

L'ADQ, Québec solidaire et le Parti vert se partagent le reste du vote. Gilles Duceppe tourmente l'actuelle chef péquiste depuis la dégelée qu'a encaissée le Bloc québécois aux élections fédérales du 2 mai dernier. L'ancien chef du Bloc laisse planer le doute en répétant qu'il «donne du temps au temps».

Prendre du galon

Selon M. Bourque, il ne faut pas perdre de vue que l'avènement de Gilles Duceppe permettrait non seulement au PQ de reprendre du galon et de battre François Legault, mais il ferait aussi très mal aux libéraux.

«Ce serait possiblement le pire des scénarios pour Jean Charest [qui serait relayé en troisième place]», explique-t-il.

Pour le président de Léger Marketing, Jean-Marc Léger, la popularité de Gilles Duceppe s'explique aisément. «C'est comme si, à cause du 2 mai, les Québécois en devaient une à Duceppe», dit-il, en référence à la cinglante défaite subie par le Bloc aux dernières élections fédérales.

Duceppe seul en lice

Outre Gilles Duceppe, que 39 % des Québécois voient comme le meilleur remplaçant de Pauline Marois à la tête du PQ, les autres candidats sont loin derrière.

Le député de Marie-Victorin, Bernard Drainville, arrive deuxième, un point devant le député indépendant Pierre Curzi, qui a claqué la porte du caucus péquiste au printemps dernier.

M. Drainville comme M. Curzi ne réussiraient pas à faire mieux que Pauline Marois s'ils occupaient son poste. Avec l'un ou l'autre à sa tête, le PQ n'améliorerait pas son sort dans les sondages. Pire encore, avec Bernard Drainville comme chef, le parti souverainiste baisserait encore davantage, à 18 %.

Le sondage a été réalisé auprès de 1067 personnes, par Internet, du 26 au 27 octobre derniers. Il comporte une marge d'erreur de plus ou moins 3 % dans 19 cas sur 20.

Marois et Charest rejetés

Ça va de mal en pis pour Pauline Marois: le tiers des électeurs péquistes voudraient qu'elle rende les armes.

À l'instar de ce qui se passe au caucus de ses députés, un partisan péquiste sur trois (34 %) croit que l'actuelle chef du Parti québécois devrait quitter ses fonctions.

C'est ce qui ressort d'un sondage Léger Marketing/Agence QMI effectué la semaine dernière, au plus fort de la crise qui a secoué le PQ.

Pauline Marois a réussi à contenir la mutinerie tant bien que mal, mais force est de constater que l'insatisfaction gagne maintenant les électeurs péquistes, dont la moitié seulement pense qu'elle devrait diriger le PQ aux prochaines élections générales.

Tendances fratricides

Le vice-président de Léger Marketing, Christian Bourque, n'est pas surpris par de tels résultats.

«C'est un peu le propre du PQ que d'avoir des tendances fratricides», observe-t-il.

Dans l'ensemble de la population, les jeux semblent faits : la majorité des gens suggèrent que Mme Marois parte, alors que le quart de la population pense qu'elle devrait rester.

C'est tout de même un peu mieux que son rival Jean Charest, qui est nettement rejeté par les Québécois.

Deux tiers des électeurs (64 %) sont d'avis que leur premier ministre devrait quitter la scène politique et abandonner la chefferie du Parti libéral du Québec d'ici le prochain scrutin. Seulement une personne sur quatre le voit briguer un quatrième mandat.

Commission Charbonneau

Ces chiffres détonnent d'avec ceux provenant des rangs libéraux. Jean Charest semble avoir rallié ses troupes une fois de plus en lançant la Commission Charbonneau sur la construction. Sept partisans libéraux sur 10 appuient présentement Jean Charest.

Seulement 21 % militent pour un changement de garde à la tête du PLQ.

«Il semble avoir réussi à rallier ses troupes, surtout qu'une bonne partie de ses appuis [sont constitués] d'anglophones et d'allophones, qui sont beaucoup moins touchés et affectés sur le plan émotif par les allégations de corruption dans la construction. Ça permet aux libéraux d'être beaucoup plus disciplinés dans leurs appuis, comparativement au PQ», constate M. Bourque.

Une soif de changement

Ce sondage vient donc bousculer la donne politique et traduit une soif de changement de la part des Québécois.

Dans le cas du PQ, l'inquiétude d'une perte de vitesse est d'autant plus élevée que l'option souverainiste est en chute.

À peine 36% des répondants voteraient oui à un référendum en ce moment. C'est le plus faible taux d'appui à la souveraineté en 25 ans.

 

Incorrect or missing Brightcove Settings

Incorrect or missing Brightcove Settings

Incorrect or missing Brightcove Settings

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.