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Une épave inquiétante

Beauharnois

Une épave qui doit être démantelée sur les rives de la municipalité de Beauharnois sème l'inquiétude et le maire s'oppose résolument au projet.

Une compagnie de recyclage, le groupe St-Pierre a acheté l'épave, le Kathryn Spirit, dans le but de la démanteler sur l'eau. En juillet, les résidants ont soudainement vu apparaître le bateau accosté sur leurs rives.

Maintenant, ils s'inquiètent des dommages environnementaux que pourrait causer cette manœuvre. Le bateau contient quelque 15 tonnes de mazout et plusieurs craignent une contamination de la voie maritime, qui pourrait atteindre l'île de Montréal.


Photo: TVA Nouvelles

«J'imagine que ça doit emporter pas mal de pollution, sans savoir ce qu'il y a dans le bateau», se demande un résidant. «Ils ont peut-être peur de le bouger, que ça tombe en morceau», se questionne une femme.

Le maire de Beauharnois est lui-même fortement opposé au démantèlement à cet endroit. «Quand on démolit une structure, de cette envergure-là, directement sur l'eau, ça nous apparaît inacceptable», affirme Claude Haineault, maire de Beauharnois.

Le maire de Beauharnois, Claude Haineault. (Photo: TVA Nouvelles

Il rappelle que cet endroit n'est pas propice à ces fins. «Ça ne s'est jamais fait à Beauharnois. C'était une usine de ferromanganèse qui était là. Ce n'était pas un port, ce n'était pas une cale sèche. Ce n'est pas fait pour bâtir un bateau, ni pour en démolir», dénonce-t-il.

À qui la responsabilité?

Lorsque l'épave est accostée sur les berges, elle est sous juridiction provinciale. Lorsque le bateau est dans l'eau, toute manœuvre requiert une autorisation fédérale. Donc, qui surveillera les travaux, se demande le maire? Qui sera responsable en cas de déversement?

D'ailleurs, le président du conseil de l'environnement de la Montérégie, Richard Marois, se demande qui aurait pu donner une autorisation de passage du bateau jusqu'à cet endroit. «Transport Canada a erré ou Environnement Canada a erré. On ne peut pas retrouver ce genre de tacot-là sur nos rives.»

Richard Marois (Photo: TVA Nouvelles)

Le Groupe St-Pierre n'a pas voulu répondre aux questions sur le processus de démantèlement, indiquant que la compagnie attend des autorisations gouvernementales avant de procéder.

Toutefois, selon le ministère de l'Environnement et Environnement Canada aucune demande n'aurait été faite par la compagnie. Cependant, d'après Environnement Canada, le projet ne présente pas de risque de contamination.

Mais, ces réponses ne satisfaisant pas le maire. «C'est sûr qu'on ne veut pas prendre de chance. On va se battre farouchement pour empêcher ce type d'activité».

Photo: TVA Nouvelles

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