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L’Office contre-attaque

Anglicisation des entreprises

Vingt-six personnes vont être embauchées et vont joindre les rangs de l'Office de la langue française.

Anglicisation de la première banque québécoise, cadres unilingues anglophones à la Caisse de dépôt, cas qui se multiplient d'entreprises qui ne respectent pas la prédominance de l'affichage francophone à Montréal, les dossiers de manquement à la loi 101 s'accumulent depuis plusieurs semaines. Mais du renfort s'en vient à l'Office de la langue française, a appris Argent.

Vingt-six personnes vont être embauchées et vont joindre les rangs de l'Office de la langue française. Plusieurs seront affectés au travail de terrain notamment en conseillant les entreprises de plus de 50 employés, mais aussi pour traiter les plaintes.

«Ce sont des gens qui vont travailler dans plusieurs domaines. Nous sommes en phase de recrutement actuellement», a souligné Martin Bergeron, porte-parole à l'Office de la langue française.
Selon les dires de l'OLFQ, cette embauche n'a pas été motivée par les derniers incidents très médiatisés. Une demande avait été faite il y a plusieurs mois au Conseil du Trésor après que sa présidente Michelle Courchesne avait ouvert la porte à quelques exceptions lorsqu'elle avait annoncé un gel d'embauche dans la Fonction publique en juin dernier.

«Nous ne sommes pas réactifs, nous sommes proactifs dans la perspective de notre campagne de sensibilisation. Il faut travailler avec les entreprises pour les amener à franciser leur marque de commerce, il y aussi les affiches qui ne sont pas prédominantes. Il y a une multitude de chantiers», a souligné la présidente de l'Office Louise Marchand.

L'embauche de personnel a été autorisée il y a trois semaines. Mais depuis, la ministre responsable de la Charte de la langue française Christine Saint-Pierre a été sur la sellette plusieurs fois notamment en raison de plusieurs cas où les entreprises semblaient bafouer la loi 101 notamment la prédominance du français dans l'affichage, mais aussi la langue de travail.

«Nous remarquons qu'il y a de plus en plus de plaintes. Par exemple, l'an dernier, nous en avons eu 3600 et cette année, on va en avoir probablement davantage», a indiqué M. Bergeron.

Cette arrivée de nouveaux travailleurs va freiner l'érosion observée chez l'OFLQ où plusieurs travailleurs ont pris leur retraite lors des dernières années. Une vague d'embauches avait été effectuée lors de l'année 2008 mais depuis il y avait moins d'employés, selon les rapports annuels consultés.

Cette décision a été bien accueillie par la Société Saint-Jean-Baptiste, mais selon son président, il faut des actions.

«C'est une bonne nouvelle, mais je ne crois pas que ce soit suffisant. On espère qu'ils n'enverront pas ces employés donner des récompenses aux contrevenants à la loi 101. C'est bien beau d'avoir du personnel, mais encore faut-il avoir les moyens d'agir», a souligné Mario Beaulieu.