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Le Québec entier secoué

La mort de Marjorie fait réagir

La mère de Marjorie Raymond, une victime de l'intimidation qui a mis fin à ses jours lundi, invite les jeunes à dénoncer ces situations et déplore le manque de ressources pour y faire face dans nos écoles.

Vingt-quatre heures après s'être confiée à Mon Topo, Chantal Larose a accordé une nouvelle entrevue au cours de laquelle elle a dit espérer que ses paroles aient une portée positive afin que sa fille ne soit pas morte pour rien.

Voyez l'entrevue complète ici.

«Je ne veux pas que le geste de Marjorie soit gratuit. Je veux que ça serve à faire bouger les choses dans le système», a déclaré la mère endeuillée, pour expliquer ses interventions dans les médias.

Mme Larose invite aussi ceux qui sont témoins d'une situation d'intimidation à la signaler. «Je sais que personne ne veut dénoncer personne, même les victimes, de peur que ça soit pire.»

Situation connue

Marjorie n'était pas la seule à s'être plainte des mauvais traitements dont elle souffrait à l'école. Autour d'elle, plusieurs ont témoigné, acquiesçant au fait que la jeune fille subissait de l'intimidation.

«On manque de ressources à l'école. Il n'y a pas assez de surveillants, ils ne peuvent pas être partout en même temps», déplore la mère de trois enfants, qui insiste pour dire qu'«il ne faut pas prendre ça à la légère».

«Ils disent que c'est tolérance zéro, à l'école. Mais quand survient un incident physique à l'école, la personne est retirée quelques jours, puis elle revient, on efface et on recommence.» Elle croit qu'un suivi doit être fait autant auprès de la victime que de l'agresseur.

«Au bout du rouleau»

La mère de l'adolescente a sollicité l'aide de la direction de l'école à plusieurs reprises, mais la réponse a été insuffisante. «C'était banalisé», croit-elle.

Marjorie Raymond a subi de l'intimidation dès le début de l'année scolaire, à partir d'un conflit qui aurait dégénéré. «Vu que des choses étaient arrivées dans les années précédentes, elle s'était dit: cette fois-là, je ne me laisserai plus faire», rapporte Mme Larose.

Pour éviter que sa fille soit suspendue en plus de subir de l'intimidation, sa mère l'a alors invitée à s'adresser à la direction ou à des intervenants disponibles. La violence physique avait cessé, mais la violence verbale se poursuivait. L'adolescente a aussi reçu des textos menaçants. «Les mots peuvent faire aussi mal que la violence physique», rappelle la dame.

«Je pense que Marjorie était au bout du rouleau, poursuit Mme Larose. Elle avait un but dans la vie, elle savait ce qu'elle voulait faire plus tard, mais elle n'était plus capable d'aller s'asseoir dans sa classe. À un moment donné, tu ne peux plus», conclut la mère de la jeune fille.

Chantal Larose souhaite que personne n'ait à vivre un deuil comme le sien. Elle aborde néanmoins la suite avec courage. «C'est Marjorie qui me donne cette force. C'est un message de désespoir qu'elle a lancé et je veux que ça serve à quelque chose.»

Les funérailles de Marjorie, qui avait 15 ans lorsqu'elle s'est enlevée la vie, auront lieu à Granby samedi prochain.

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